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10 octobre 2012

BAYROU PIÉGÉ PAR LA QUADRATURE DU CENTRE ?

TRIBUNE LIBRE

de Marie-Anne KRAFT

La conception du Centre par François Bayrou, prônant une coopération politique, est-elle incompatible avec le principe de compétition des partis et le condamne-t-elle intrinsèquement à l'isolement ?

La seule chose qu’ont retenu la presse et les médias de l’Université de rentrée du Mouvement Démocrate - qui vient de se tenir à Guidel dans le Morbihan - c’est la dissension dans les rangs des militants, certains étant tentés de rejoindre l’UDI (Union des Démocrates et des Indépendants), d’autres de soutenir la majorité présidentielle et enfin le reste (en fait c’est la majorité) confirmant le souhait de garder la ligne d’indépendance du centre.

La ligne d’indépendance est toujours confirmée par François Bayrou et la majorité des cadres du MoDem, ce qui n’empêche pas une volonté de rassemblement, avec le centre-droit de l’UDI, comme avec le centre-gauche et sans ralliement de fait à la droite. Selon les journalistes, cette situation maintient François Bayrou dans une posture d’isolement.

Dommage que cette question occupe tout l’espace médiatique car elle occulte des réflexions et des positionnements du Mouvement Démocrate très intéressantes sur les sujets essentiels pour le pays, sur l’Europe et le Traité européen, sur nos  finances publiques et le financement de notre protection sociale, sur la compétitivité de nos entreprises et l’indispensable redéploiement industriel, sur les questions de démocratie,…

Que dit François Bayrou sur sa vision du Centre ?

mouvement démocrate,bayrou,politiqueLe propre du "Centre", vu par le Mouvement Démocrate, et c’est même son ADN, sa génétique, c’est de :

• s’appuyer sur des valeurs (de la démocratie et de la république) et un comportement (la tolérance, l’équilibre, le pluralisme, l’exemplarité, dire la vérité, faire confiance à un citoyen conscient et responsable),
viser en premier lieu l’intérêt du pays (avant les intérêts opportunistes de postes et de clans partisans), en conjuguant justice et efficacité économique,
pouvoir discuter avec les autres partis, les républicains de droite comme avec les sociaux-démocrates de gauche, en passant par les écologistes de droite ou de gauche, en dépassant les clivages, pour se mobiliser sur les problèmes essentiels du pays et de l’Europe et trouver les meilleures solutions.


Il faut retrouver le sens de la coopération en sortant des affrontements perpétuels et systématiques qui sont nuisibles pour le pays et empêchent un débat sain et serein, bloquent souvent des décisions indispensables pour se sortir des crises ;

Il faut pouvoir soutenir le gouvernement sur des décisions et des réformes courageuses qui sont positives pour l’intérêt général (Traité européen, maîtrise des finances publiques mais sans occulter la nécessité de relancer l’économie, sans brider la croissance, priorité au redressement productif et à l’éducation, moralisation de la vie publique, …) tout en se permettant de critiquer ce qui ne va pas, les promesses intenables (comme un budget fondé sur de fausses hypothèses de croissance, comme le recrutement de 43.000 enseignants alors qu'il manque déjà aujourd'hui près de 1.000 enseignants par an candidats au niveau pour un recrutement de 16.000 …) ;

Donc le centre ne doit pas être inféodé à la droite (l’UMP) ou à la gauche (PS) pour garder cette indépendance de vue, quels que soient les sujets, et offrir la capacité à rassembler les Français. Si le centre se rallie par avance à la droite ou à la gauche, à l’UMP ou au PS, il perd d’ailleurs son existence, car il n’est plus le centre. Il devient un courant de la droite ou un courant de la gauche. Evidemment, cette position est risquée d’un point de vue électoral dans le contexte institutionnel de notre Vème république, son code électoral à scrutin majoritaire qui favorise la victoire des deux premiers partis, et explique les échecs électoraux du MoDem ces dernières années. Mais l'échec n'est pas inéluctable, si le centre arrive à être assez fort pour se hisser dans le duo de tête.

Que dit Jean-Louis Borloo, créateur de l’UDI ?

mouvement démocrate,bayrou,politique"La ligne politique est claire : le centre a toujours été indépendant et dans une coalition avec la droite républicaine"

"Ce nouveau parti - l’UDI - est ouvert à tous ceux qui acceptent sa ligne politique claire de coalition du centre et de la droite républicaine"

Or il ne définit pas ce qu’est le "centre". À tout le moins, ce ne peut pas être la définition que donne François Bayrou, à l’antinomie d’un ralliement de fait à droite.

Notons au passage qu’il n’est pas vrai que le centre a toujours été dans une coalition avec la droite, a fortiori le parti radical. Si on regarde l’histoire du centre et du parti radical, c’est complètement faux. Comme le dit François Bayrou, le "cartel des gauches" était à l’initiative du Parti Radical dirigé par Edouard Herriot. La jeune République de Marc Sangnier, puis le MRP, de même le Conseil National de la Résistance avec Georges Bidault, ont démontré l’alliance politique du centre avec la gauche. Dans l’histoire plus récente de la Vème République, des centristes ont gouverné avec la gauche (Jacques Delors et Michel Rocard).

Comment l’UDI peut-elle prétendre être d’avance ralliée à la droite sans avoir dit sur quels contenus elle marque son accord et comparé avec ce que propose le gouvernement ?

Pourquoi la grande majorité des élus de l’UDI (qu’ils soient radicaux valoisiens, venant du "Nouveau Centre" ou de la "Gauche Moderne") ont-ils soutenu Nicolas Sarkozy dès le premier tour des présidentielles ? Ils auraient pu soutenir François Bayrou, s’ils étaient proches de ces valeurs du Centre, quitte à annoncer qu’au second tour ils opteraient pour Sarkozy en cas d’échec de Bayrou.

Ceci signifie-t-il qu’ils préféraient adhérer aux valeurs et aux idées de Nicolas Sarkozy, à sa façon de gouverner, en renonçant par avance au centre, plutôt qu’adhérer à celles de François Bayrou, dont l’ambiguïté du choix au second tour risquait de les mettre dans l’embarras ? En fait la raison est connue : c’est plutôt dans l’intérêt de préserver leurs mandats de député aux législatives, évitant pour nombre d’entre eux une concurrence UMP, qu’ils ont fait ce choix.

Ont-ils seulement réagi au discours de Grenoble et de Dakar de Nicolas Sarkozy ? Ont-ils réagi à l’outrance de la dernière ligne droite de la présidentielle, notamment au discours de Toulouse, où Nicolas Sarkozy a prôné de réintroduire partout les frontières : entre pays et aussi entre le bien et le mal, entre le beau et le laid ? Non. Seul Dominique Paillé a osé une critique sur ce point.

Enfin, chose curieuse, lorsque les personnalités politiques de l’UDI sont consultées sur leur préférence entre Copé et Fillon pour la présidence de l’UMP, certaines (comme Hervé Morin) se prononcent pour Copé, comme d’ailleurs Jean-Pierre Raffarin. Pourquoi ? En fait d’une part parce que Jean-François Copé s’est prononcé pour des "courants" dans la majorité UMP (l’UDI pouvant être considéré comme un courant), contrairement à Fillon qui n’y est pas favorable. Et, d’autre part, paradoxalement, car Copé incarne une droite "décomplexée", plus dure que celle de François Fillon qui a, en fait, une image plus conciliante et plus rassembleuse, pour lequel François Bayrou a d’ailleurs beaucoup d’estime, car l’UDI se démarquerait ainsi plus d’une UMP plus droitisée.

Ainsi, l’UDI préfère un candidat plus éloigné de l’esprit centriste et humaniste, pour mieux jouer l’affrontement dans la compétition, au lieu de tabler sur un meilleur dialogue pour l’unité. Le comble !

 CONCLUSION :

• L’UDI peut difficilement se proclamer du centre : elle est plutôt un courant de la droite.

• Les élus de l’UDI sont manifestement plus préoccupés par la conservation de leurs postes que par ce qui fonde les valeurs du centre.

• S’ils veulent vraiment un rassemblement avec le Mouvement Démocrate, c’est possible à condition de ne pas lui imposer ce ralliement de fait à droite.

• Si l’UDI voulait vraiment un centre fort, elle devrait prôner un centre indépendant non rallié d’avance, comme le propose François Bayrou, votant au premier tour pour le candidat centriste (il n’y aurait plus plusieurs candidats centristes en concurrence). Ceci même si les membres de l’UDI ont une préférence à droite au second tour. Concernant la concurrence entre les prétendus leaders de ce centre, c’est simple : il suffit d’organiser des primaires au centre, comme le proposent François Bayrou, prêts à jouer le jeu.

• Il ne faut pas considérer que la bipolarité du système électoral implique nécessairement une victoire au second tour du candidat UMP ou du candidat PS. Un centre renforcé peut très bien arriver en seconde position, comme François Bayrou a failli y arriver à l’élection présidentielle de 2007, comme Valéry Giscard d’Estaing y était aussi parvenu. Et dans un tel cas, le candidat du centre a même plus de chance de gagner le second tour. On peut tout à fait prôner un rassemblement du centre avec l'UDI, mais sans se rallier par avance. Libre à des composantes de ce centre d'être dans une logique de ralliement à droite (ou à gauche) au second tour. Le fait d'être uni au 1er est une force et permet au Centre de peser et un jour d'accéder au second tour ;

• dans une situation de crise où les positions se radicalisent aux extrêmes, où "les partis se tiennent par leur noyau dur"» (comme François Bayrou en a énoncé avec humour un théorème), il n’est pas impossible qu’un parti extrême arrive en seconde position, que ce soit l’extrême droite ou l’extrême gauche.


Les lignes de clivages changent. Et plutôt que droite/gauche, les lignes marquantes s’affirment plutôt sur de grands choix de société : pour ou contre l’Europe ou l’Euro, pour ou contre l’équilibre des finances publiques, pour ou contre le protectionnisme économique.

Remarquons que l’UMP, une majorité du PS et du Centre (Centre droit et Modem) sont d’accord avec ces grandes options économiques alors que une partie d'EELV, le Front de Gauche (Parti de Gauche et Communistes), les souverainistes de droite et le Front National ne le sont pas. La gauche et la droite marquent leur désaccord plutôt sur des surdéréglages fiscaux et sur des questions sociétales moins prioritaires et plus accessoires (mariage et adoption homosexuelle, vote des étrangers aux élections locales, dépénalisation du Cannabis, etc…). Du coup le débat public focalise plus sur ces questions. 

Cette tendance risque de s’affirmer et pourrait nécessiter une mobilisation centrale contre les extrêmes. Le centre peut alors être le recours pour une France réconciliée autour d’une majorité centrale.

Le 4 Octobre 2012

16 septembre 2012

POURQUOI VOULOIR DEVENIR BELGE ?

TRIBUNE LIBRE

de François VAN DE VILLE


Il ne fait plus bon vivre riche en France.

mouvement démocrate,bayrou,politique,débats de sociétéSurtout quand les riches voient que l'effort "exceptionnel" qui leur est demandé pour redresser la situation en France - ce qui pourrait être fort louable - n'est accompagné d'aucun effort de la part de l'état qui continue, de son côté, de dépenser à gogo.

"Exceptionnel", ensuite, dans la bouche de nos "politiques" qui ne nous ont guère habitués à supprimer des impôts et les brandissent même comme des trophées de guerre, çà veut dire quoi ? Pour 2 ans, pour 5 ans, ou pour "perpète" ? C'est le flou absolu : aucun engagement ferme sur ce point.

Résultat : près de 500.00 contribuables français - et pas seulement des milliardaires mais des gens plus modestes qui ne veulent pas, en fin de carrière, se faire confisquer le fruit du travail de toute une vie - se sont installés en Grande-Bretagne : il est vrai, que là-bas, l'impôt sur les sociétés, qui était de 28%, a été ramené à 24% et devrait passer à 22% d'ici 2 ans ; le taux maximal sur les hauts salaires (+ de 190.000 €) a été ramené de 50 à 45%, et il n'y a pas d'ISF. En Belgique, il n'y a ni ISF, ni impôt sur les plus-values : des français s'y installent désormais par milliers. En Suisse, 1 français s'y installe par jour. etc....

Y a-t-il donc de la grandeur d'âme à vouloir se laisser plumer ?

Mais, ce qu'il y a de plus grave dans cet exode, ce n'est pas seulement des capitaux français qui s'évadent pour s'investir à l'étranger, mais ce sont des cerveaux, des chercheurs, des universitaires formés et diplômés en France qui se mettent au service d'états qui les respectent, eux, comme il se doit ; ce sont aussi des sociétés incitées à délocaliser leur siège social, etc.....

Voilà pourquoi "on peut avoir envie de devenir belge", pour répondre à la question posée récemment sur une grande radio nationale.

Quand l'état se laisse aller au vieux démon de la confiscation des forces vives d'une nation et de ses richesses potentielles pour satisfaire des promesses hasardeuses - tout en se préservant soigneusement de tels efforts pour lui-même - voilà le résultat !

Faut-il s'en étonner ?

19 juillet 2012

RASSEMBLEMENT DES CENTRES

Tant qu'on conjuguera d'office le mot "centre" avec l'adjectif "droit", il n'y aura pas et ne peut y avoir de rassemblement des centres.


(François VAN DE VILLE sur Twitter "francoisvan")

18 juin 2012

LE JOUR OÙ BAYROU A CHOISI DE VOTER HOLLANDE

 

Jeudi 3 mai à 19h15 : François Bayrou prononce la phrase qui met le feu à une bonne partie de son électorat.

 


par Hubert BRUYÈRE


Jeudi 3 mai à 19h15 : Il n'a rien dit. Il a juste demandé à disposer d'une heure pour écrire sa déclaration. En cette fin d'après-midi du jeudi 3 mai, personne ne sait vraiment quel est le choix de François Bayrou pour le second tour de l'élection présidentielle.

Une seule chose est sûre. Il ne restera pas dans le vague. Il l'a dit dès le début de sa campagne électorale. Il veut en finir avec le centre flou et le centre mou.

Dès le soir du premier tour, quelques-uns ont plaidé en faveur d'une déclaration laissant les électeurs libres. Jean Lassalle est de ceux-là. "J'avais le sentiment que plus on se rapprocherait de la date fatidique, plus on aurait de coups à prendre".

Des messages affluent

La position du MoDem commence à se jouer à Paris devant la télévision. François Bayrou, Marielle de Sarnez et quelques poids lourds du parti regardent ensemble le débat qui oppose Nicolas Sarkozy à François Hollande. Sur le portable de François Bayrou, les messages affluent. Après l'émission, le candidat à la présidentielle joint Jean Lassalle. Les deux Béarnais échangent leurs impressions. "Il était sur la ligne définie : la liberté de vote", estime le maire de Lourdios. François Bayrou appelle aussi Jean-Jacques Lasserre. "Il m'a semblé que sa décision n'était pas prise", confie ce dernier. Le sénateur a déjà fait savoir qu'il ne votera pas socialiste. Il évoque son expérience départementale… avec un PS qu'il juge "dogmatique". Pierre Laguilhon, son ancien suppléant, lui aussi contacté, le met en garde : "Attention, les gens de la circonscription, ce ne sont pas des Parisiens"

Paris penche pour Hollande

Jeudi matin, au premier étage du 133, rue de l'Université, les membres du comité stratégique de la campagne présidentielle sont autour de la table.

Pierre Bernard-Reymond, Sénateur des Hautes-Pyrénées, un chiraquien qui a opté pour Bayrou, est le premier à prendre la parole. La "dérive" de Nicolas Sarkozy vers les idées du Front national lui est insupportable. Il annonce son choix de voter pour François Hollande. Ils sont plusieurs à faire de même : le député de la Dordogne, Daniel Garrigue, lui aussi un ancien de l'UMP. Sans surprise, l'ancien Vert Jean-Luc Benhamias plaide pour un vote en faveur de Hollande, tout comme Robert Rochefort. Ainsi s'esquisse un large assentiment en faveur du candidat socialiste. "C'était impressionnant à voir", témoigne un participant. Très peu, trois ou quatre, argumentent en faveur de la liberté de vote.

L'appel à voter blanc, lancé la veille au soir par Marine Le Pen, pèse aussi sur les débats. Est-il concevable que les centristes fassent le même choix que la présidente du Front national ? François Bayrou est confronté à deux sensibilités. Son entourage parisien est soucieux d'afficher une rupture avec la Sarkozie et le Front national. Sur le terrain, dans le fin fond des circonscriptions, ses amis, le plus souvent élus avec des voix venant de l'UMP, le mettent en garde contre le séisme que provoquera le choix en faveur de François Hollande.

La question taraude les esprits quand, en début d'après-midi, se réunit dans l'amphithéâtre du rez-de-chaussée le conseil national du MoDem. Cette instance comprend quelque 250 membres : tous ne sont pas là. Le choix a été fait de laisser parler les militants. Là aussi, les partisans du vote Hollande marquent des points. Robert Rochefort, Marielle de Sarnez pèsent en faveur d'une déclaration dans laquelle François Bayrou dira "qu'à titre personnel" il vote pour le député de Corrèze.

Lassalle se désolidarise

Il est plus de 17 h 30. Jean Lassalle se jette à l'eau. Il invoque son amitié indéfectible pour François Bayrou. Mais il ne passe rien sous silence de son désaccord. "C'était à la fois très émouvant et très impressionnant", glisse un témoin. "Si tu as changé d'avis, lance-t-il, je serai obligé de me désolidariser de ce vote personnel, car je ne le ressens pas du tout. C'est une affaire qui ne fera pas avancer notre cause".

François Bayrou a laissé parler chacun. Il se retrouve seul face à un choix cornélien. Il monte dans son bureau. Et se met à écrire. À 19 h 15, il fait face à une forêt de micros et de caméras. Il dévoile son choix personnel. Dans le fond des circonscriptions, une bonne partie de ses électeurs le reçoit comme un coup de poing à l'estomac.


(NDLR : ainsi s'est tournée une page du MoDem et du destin de François Bayrou. Cette page-là appartient à l'Histoire)

20 avril 2012

JE VOTERAI pour François BAYROU

TRIBUNE LIBRE

Chers ami(e)s,

Dimanche prochain je voterai pour François Bayrou. Voici quelques mots pour vous convaincre de faire comme moi.

Je crois qu'il faut donner nos voix à François Bayrou car c'est le seul qui, loin du populisme ambiant, a des jugements équilibrés en phase avec la réalité. Je pense qu'il est temps de donner de la voix à celui qui nous dit la vérité depuis des années. Je suis convaincu qu'il est temps de mettre à la tête de l'Etat celui qui ose dire que chacun devra retrousser ses manches pour que la France retrouve les couleurs qu'elle n'aurait jamais dû perdre. Il faut aligner dans les urnes la confiance que les Français disent faire à François Bayrou. En tous cas, il ne faut surtout pas céder aux sirènes des démagogues.

Pourquoi notre situation économique est-elle déplorable alors que l'Europe du Nord traverse si bien la crise ? C'est l'UMP et le PS qui nous ont mis dans cette situation. Aucun des deux partis n'a jamais voulu voir la vérité en face, la dire aux Français, réformer quand il en était temps. Depuis des décennies, ils ont emprunté sans arrêt pour pouvoir nous tenir en dehors des réalités. Et pourtant ces deux-là nous font encore miroiter des promesses qu'ils savent ne pas pouvoir tenir.

Pour François Bayrou, les efforts de redressement doivent être portés par tous (à commencer par la classe politique). Il ne laisse pas croire que seuls ceux de l'autre camp auront à faire les frais de la crise. Taxer les riches ne suffira pas à redresser l'économie ; et il n'y a plus moyen d'augmenter les effectifs de la fonction publique. Dire le contraire comme Hollande est mensonge.  A contrario, les finances de l'Etat ne peuvent s'équilibrer par une simple réduction du nombre des fonctionnaires. Il est irresponsable de laisser croire le contraire comme le fait Sarkozy.

Hollande ne pourra pas réformer en profondeur ; ses alliés l'en empêcheront. Et s'il décide d'agir contre leur avis, la droite s'y opposera par principe. Sarkozy a montré qu'il mène des réformes sans dialogue ni écoute, puis s'arrête au milieu du gué quand la pression de la rue devient trop forte. Par exemple : la réforme des retraites, qui maintient les régimes spéciaux et n'a pas permis une équité entre les emplois publics et privés.

La solution est entre les deux. Pour avancer, il faut une union nationale autour de valeurs communes. François Bayrou supprimera la ligne de fracture entre les électeurs, qui sont obligés jusqu'à présent de choisir entre un bloc de gauche et un bloc de droite. Il y aura désormais le bloc des démocrates. Les extrêmes perdront une partie de leur influence, alors qu'ils font l'arbitrage électoral aujourd'hui, et que chacun des grands partis s'ingénie à les séduire avec des compromis contre nature.

Je voterai donc pour François Bayrou parce qu'il saura fédérer les Français autour d'un grand projet commun en portant les couleurs qui font notre pays : l'égalité des citoyens, la priorité à l'éducation, un pays innovant, un Etat droit, un rayonnement culturel, l'appartenance à une Europe porteuse de valeurs démocratiques, le maintien des services publics - une société solidaire bâtie sur une économie au service de l'homme.

Simon SUBTIL (Uzès)

RENVOYONS-LES CHEZ EUX !

Plus de 60% des français sont mécontents du choix Hollande - Sarkozy que leur imposent les médias et les milieux financiers qui les possèdent :

LES FRANÇAIS ONT RAISON !

À moins de 48 heures du vote, ils sont encore près de 40 % à hésiter :

ON LES COMPREND !

Quand l'un dit que la crise est derrière nous….

….quand l'autre dit qu'on peut dépenser à tout va :


ILS NOUS MENTENT TOUS LES DEUX !

RENVOYONS-LES CHEZ EUX !

29 mars 2012

POURQUOI BAYROU NE SERA PAS le 1er MINISTRE de SARKOZY

TRIBUNE LIBRE

On entend, en ces temps d'incertitudes, des choses fort curieuses. Telle cette affirmation très hasardeuse - alors que nous ne sommes qu'en début de campagne - que "François Bayrou s'allierait finalement à Sarkozy", et même d'avancer qu'il pourrait être son Premier Ministre !

Mais quels points communs y a-t-il entre le projet politique de François Bayrou et celui (toujours autant imprécis) de Mr Sarkozy ? Une seule chose est certaine : il n'y a aucune convergence entre les deux hommes.

À moins que Mr Sarkozy, s'il était réélu, s'enferme dans son palais pendant 5 ans, cesse de prétendre vouloir gouverner et n'en sorte que pour "inaugurer les chrysanthèmes".

Mais ceci n'est pas conforme à l'esprit des institutions et ne sera pas. Et ce serait la fin du centre tel qu'il doit être et rester, c'est-à-dire indépendant.

(Et c'est tout aussi vrai pour l'hypothèse où François Hollande....)

> Voir l'excellent article du NouvelObs du 29/3/2012

François VAN DE VILLE

Secrétaire Départemental du Mouvement Démocrate du GARD

19 février 2012

François BAYROU ou l'intelligence humaine

François BAYROU ou l’intelligence humaine

 


Avec François Bayrou, on a l’impression d’entrer dans une nouvelle dimension. Il sort du cadre traditionnel, ne parle pas cette langue de bois, ne pratique pas la lutte de clan contre clan, ne participe pas aux combats de coqs. Il nous fait voir le monde autrement, sous un autre éclairage. Dans cet univers sclérosé, étouffant, cet air vicié faute d’être aéré et renouvelé, une porte s’ouvre …

Depuis des lustres, François Bayrou nous parle d’humanisme. Ce mot paraissait désuet, angélique, utopiste. Certes il évoquait la Renaissance, le développement des sciences, de la culture, un tournant de civilisation qui a suivi l’invention de l’imprimerie, comme c’est le cas aujourd’hui de la révolution de l’information suite au déploiement d’Internet. Mais le terme a  une connotation passéiste, voire gnan-gnan. Or ce mot prend aujourd’hui une autre résonance … Jean Léonetti crée au sein de l’UMP un courant appelé « La droite humaniste ». Même le Parti de Gauche sous-titre son programme « L’Humain d’abord ». On remarquera au passage que les termes de socialisme et de capitalisme, appartiennent eux aussi à un ancien référentiel, sont dépassés, même s'ils sont encore employés. Le capitalisme initialement entrepreneurial a évolué vers la financiarisation de l'économie, le libre-échange dans la mondialisation. Le socialisme qui faisait référence à une économie administrée par l’Etat, niant la propriété privée, désigne maintenant plutôt un modèle privilégiant l’égalité et la gestion collective, sans pour autant remettre en question la propriété privée, le statut de nos entreprises et même le libre- échange.

François Bayrou prône également depuis toujours les valeurs de la république, ornant les frontons de nos écoles et des mairies de nos villages : « liberté-égalité-fraternité », ce qui peut paraître ringard, provincial, aux oreilles du tout-venant.

On découvre que cette vision est en fait empreinte de profondeur philosophique, d’une anthropologie de l’homme définissant les contours d’un modèle de société qu’il s’agit, sinon de retrouver, de redéfinir. Pas d’un système complexe, que seules des élites pourraient comprendre, dont elles pourraient s’approprier et qu’elles chercheraient à appliquer de manière dogmatique, mais des notions simples, qui donnent une direction, pour réorienter notre boussole à tous, dans un monde à la dérive.

Liberté-Egalité-Fraternité, triptyque de valeurs unies et indissociables se tenant comme une clé de voûte, marque la devise de cette République qui vise à libérer l’homme, à l’émanciper et à l’assurer, à l’épanouir, à le lier aux autres dans un destin commun. Le modèle capitaliste d’économie de marché incarné par la droite a privilégié la liberté, mettant l’argent au centre, en ayant laissé malgré tout se développer les inégalités. Le socialisme incarné par la gauche, a préféré l'égalité, en mettant l’Etat au centre oubliant souvent l’entreprise.  L'humanisme plutôt incarné par le centre, réfère à la fraternité, trop oubliée. Prônant l'équilibre entre ces trois piliers. François Bayrou exprime que "La République est le projet politique de l'humanisme"  dans sa préface de mon livre intitulé "La révolution humaniste". C’est même un projet de société, un principe de civilisation. On comprend alors mieux l’idée de majorité centrale, d’esprit d’union nationale, qu’appelle de ses voeux le candidat à la présidence de la république.

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Certains cherchent des coupables tout désignés pour expliquer la crise que nous traversons, les dérives de la mondialisation, d'un capitalisme financier jugé prédateur : les dirigeants, les élites, les banquiers, les actionnaires, la mondialisation, le libre-échange, l'euro, les institutions européennes,la Chine... Ils veulent faire croire que les dangers viennent de l'extérieur et qu'il suffit de fermer les frontières ou de se débarrasser des catégories présumées coupables. Mais ne nous méprenons pas. Cette vision nous empêche de regarder les véritables causes de nos maux, nos propres responsabilités de citoyens, de consommateurs, d'investisseurs, d'entrepreneurs, ...les défauts d'un modèle de fonctionnement de la société, qu'il s'agit de repenser non seulement collectivement, mais aussi individuellement, dans nos comportements.

Les causes profondes des dysfonctionnements proviennent notamment d’une trop forte polarisation de la société sur l'argent, sur la recherche du profit, sur les valeurs matérialistes et individualistes. L'argent était un moyen, un médiateur d'échange, une représentation de valeur marchande. Mais il est devenu une fin, un objectif, induisant une perversion, une sorte de maladie mentale de la société. De cette méprise découlent les symptômes de la maladie, les crises que nous traversons : crise économique, crise sociale et crise morale. Un système générant des inégalités croissantes, ne parvenant pas à venir à bout de la pauvreté, dégradation du niveau scolaire, déculturation. Le citoyen est infantilisé dans une démocratie d'opinion, noyé par une information qu'il a du mal à maîtriser, les idées toutes faites délivrées par les médias, la télévision. Il se réfugie dans le divertissement, dans la télé-réalité. Son sens critique n'est plus nuancé et il devient soit suiveur passif soit révolté et violent.

Il faut retrouver le sens du bien commun et remettre l'homme au centre, l'humain plutôt que l'argent. L'approche humaniste permet alors d'envisager un nouveau modèle de société.

C'est la prise de conscience et la responsabilité, exercées en démocratie, qui permettront aux citoyens de comprendre, d'adhérer à un nouveau modèle en redéfinissant ses priorités, ses valeurs, les structures de fonctionnement privilégiant le sens du bien commun et l'épanouissement de l'homme, le respect de l'autre. Il faut passer d’une démocratie d’opinion, où les citoyens n’ont guère à réfléchir et sont invités à adhérer à des idées toutes faites, à une démocratie adulte. Mais si les citoyens sont d'accord pour s'imposer de nouvelles règles, des contraintes de régulation, de partage, d'économies d'énergie etc. sans être motivés individuellement, sans avoir envie d'agir ainsi, ils seront malheureux, frustrés. Alors que s'ils retrouvent un altruisme naturel, un plaisir de l'échange et du lien social, ils seront en harmonie avec le modèle. Cela passe par l'éducation, le vécu d'expériences, la réflexion.

La compétition est stimulante mais si elle n’est pas exercée avec coopération, elle peut générer une déperdition d’énergie, des investissements redondants voire du gaspillage, aller contre l’intérêt commun et au final être destructrice. Il faut penser à de nouveaux modes de gouvernance plus coopératifs, visant l'intérêt général et durable des acteurs plutôt qu'un profit financier à court terme au détriment du reste. Pour l'illustrer : des exemples concrets d'expériences coopératives, mutualistes, associatives (auberges de jeunesse, Compagnons d'Emmaüs), AMAP en plein développement, commerce équitable, microcrédit, échanges non marchands, Wikipedia ... L'approche coopérative a été celle de la construction européenne, celle de Robert Schuman et de Jean Monnet, visant la paix et la prospérité des peuples d’Europe. Elle doit être à nouveau entreprise pour renforcer et solidariser l’Europe en ces temps de crise par des actions communes visant un intérêt général commun : grands projets communs, plan de relance commun, eurobonds, partage d’innovation, plates-formes d’échanges de technologies, intervention dela BCE, … Cette approche peut être élargie à de multiples domaines et au niveau mondial (à condition de garantir une légitimité démocratique). Elle peut même être appliquée en politique, lorsqu'il faut se mobiliser dans un esprit d'union nationale, en temps de guerre ou de grave crise, comme la France l'a fait après la guerre en forgeant son modèle social défini par le Conseil National de la Résistance en 1958 avec le Général de Gaulle.

C’est ce que François Bayrou propose dans le contexte de crise que nous traversons, en appelant à cet esprit d’union nationale. Il ne s’agit plus pour la gauche de battre la droite, pour la droite de battre la gauche, mais bien de redresser le pays ensemble !

Dans tous domaines, entreprise, Europe, ou politique, l'approche coopérative doit prendre le pas sur l'approche compétitive. Et l’humain doit prendre le pas sur l’argent et sur l’Etat. Pour ce faire, François Bayrou en appelle à l’intelligence humaine, à des citoyens responsables qu’il respecte, qu’il ne prend pas pour des « gogos ».

28 janvier 2012

Mr HOLLANDE A CHOISI DE RENCHÉRIR LE COÛT DU "MADE IN FRANCE"

TRIBUNE LIBRE

mouvement démocrate,bayrou,politiquePour financer le retour à 60 ans de l’âge des retraites, Mr Hollande a décidé de frapper prioritairement les produits fabriqués en France. Il prévoit en effet le relèvement des cotisations sur les salaires : 0,1% par an pour les cotisations patronales et 0,1% par an pour les cotisations salariales. Coût : 1 milliard dès la première année, mais 5 milliards par an au terme des 5 ans, en 2017, soit 1% au total.

De plus, les allégements de charges sur les bas salaires (20 milliards) vont être revus à la baisse, et les allégements de charges sur les heures supplémentaires vont suivre la même ligne (sauf pour les très petites entreprises). Enfin, l’épargne salariale sera réintégrée dans les rémunérations pour fixer le barème des allégements, ce qui diminuera automatiquement ces derniers.

Dans cette affaire, il y aura donc 3 catégories de victimes : • les salariés qui vont voir leurs cotisations salariales augmenter de 0,5%, donc leur pouvoir d’achat diminuer d’autant, outre les divers allégements “réalignés” • les produits fabriqués en France qui vont voir leur prix de revient augmenter, donc leur compétitivité sur les marchés diminuer au profit des produits fabriqués dans des pays à faible coût de main-d'œuvre (vivent les délocalisations !) • les consommateurs sur qui cette augmentation des coûts des produits fabriqués en France va retomber inévitablement au bout de la ligne, donc dans les prix.

Alors que la grande majorité de l’opinion soutient le projet de réindustrialisation de la France - “produire en France” pour redynamiser le pays - Mr Hollande, dans les faits, fait tout le contraire : il taxe davantage la main-d’œuvre française et le pouvoir d’achat des salariés comme celui des consommateurs (en fait les salariés vont être doublement taxés).

Qui a raison ? Au delà des tribunes toutes de "bleu horizon" drapées et des belles phrases dans de beaux discours, il y a la réalité des faits et des chiffres. Les apparences sont dangereusements trompeuses.

Mr Hollande, vous maquillez la vérité aux français.

François VAN DE VILLE

Secrétaire Départemental du Mouvement Démocrate du GARD

27 janvier 2012

LE MARCHÉ DE DUPES DE Mr HOLLANDE

TRIBUNE LIBRE

Les 60.000 postes promis dans l’Éducation Nationale : est-ce un  marché de dupes ?

C’est pourtant l’un des thèmes majeurs du candidat Hollande : créer 60.000 postes dans l’Éducation Nationale.

Pour ceux qui se soucient du très difficile équilibre de nos finances, ce fut un beau tollé ! Et de crier que cela ne se ferait pas puisque le budget de la France - mis désormais en étroite surveillance par les grands organismes financiers - ne le permettrait pas. Et, pourtant, dans les 60 propositions de Mr Hollande, ce projet est bien repris. Mieux : il est même complété par l’embauche parallèle de 5.000 fonctionnaires supplémentaires (dans la Justice et les forces de sécurité). Comment est-ce donc possible ?

Mais quand on “épluche” de plus près le projet de Mr Hollande, on s’aperçoit qu’il a mis un stratagème assez astucieux, mais.... parfaitement trompeur : et cela lui a bien été imposé pour les mêmes raisons d’exigence que ci-dessus.

En fait, la fin promise du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne veut pas dire que tous les fonctionnaires faisant valoir leur droit à le retraite seront tous remplacés, de loin s’en faut : François Hollande a expliqué lui-même que l’État pourra recréer, en cinq ans, ces 65.000 postes.... sans augmenter les effectifs de la fonction publique ! Il a donc en projet de supprimer, chaque année et pendant 5 ans, 13.000 postes de fonctionnaires, soit l’équivalent des 65.000 poste créés par ailleurs.

C’est un tour de passe-passe.

La question, restée sans réponse à ce jour, est de savoir quels services publics vont être sacrifiés sur l’autel de l’incontournable rigueur à laquelle Mr Hollande ne peut échapper. Il y aura nécessairement des lendemains qui déchanteront vite, avec pas mal de grincements de dents.

Marché de dupes, ai-je dit ? Avez-vous un autre terme que celui-là à utiliser ?

François VAN DE VILLE

Secrétaire Départemental du Mouvement Démocrate du GARD