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01 août 2021

LE SANG-FROID de nos sociétés démocratiques

TRIBUNE LIBRE

de Jean-Michel BRETONNIER

Politique, Faits de Société- Plus notre société résiste à l’épidémie et à ses conséquences, avec sang-froid et raison, et plus les "anti-vax" manifestent bruyamment. 
 
Ce qu’on vit depuis mars 2020 devient éprouvant : depuis 18 mois, nous subissons les caprices d’un coronavirus qui décide de tout, décide de notre santé comme de notre vie quotidienne, de notre conjoncture économique, de nos aléas sociaux, et qui, de surcroit, cherche à contourner toutes les défenses que nous lui opposons. Sa ruse la plus funeste étant désormais de muter pour devenir sans cesse plus contagieux.

Plusieurs fois, on s’est cru tirés d’affaire : plusieurs fois, on a déchanté. Ce niuveau Covid impose illusions et désillusions à la société toute entière : nous vivons aujourd'hui comme sur des montagnes russes.

Et pourtant notre société résiste. Et pourtant nous tenons bon.

Les décisions politiques et les mesures administratives ont permis à la collectivité de ne pas sombrer. Les individus, dans leur écrasante majorité, ont conservé leur sang-froid et n’ont pas renoncé à la raison : masques, gestes barrières, confinement, télétravail, tests, vaccins, nous avons accepté restrictions comme sacrifices pour protéger notre propre santé, mais aussi au nom de l’intérêt général.

Une notion qu’on croyait pourtant disparue sous les assauts d’un réel individualisme triomphant. Bravo !

Ce qui se passe aujourd'hui démontre que nos démocraties libérales régissent désormais des sociétés beaucoup plus solides et solidaires qu’on ne le pensait. On croyait nos régimes condamnés à l’impuissance face à l’impérieux sujet individuel, face à une société consumériste, face aussi à une civilisation qui ne croit plus en elle-même. Non ! Nos démocraties ont, tout au contraire, su imposer des mesures collectives contraignantes, sans entrer pour autant en conflit avec la société. Sauf, inévitablement, pour une partie d’entr'elles : celles et ceux qui, en France, errent le samedi à la mode "gilets jaunes" comme dans un rituel fataliste visant essentiellement les forces de l'ordre présentes pourtant pour les protéger, mais comme dans un jeu de massacre de fête foraine.

Nos démocraties libérales sont pourtant si fortes qu’elles supportent de surcroît ces outrances et leurs délires, ceux d’une grosse minorité de citoyens prêts à tout croire, pourvu que ce ne soit ni la voix d’une autorité, fut-elle élue démocratiquement, ni celle de toute raison, même la plus prudente.

Ainsi va notre monde.

13 mai 2021

L'APRÈS COVID 19

BILLET de  François VAN DE VILLE

mondial.jpg- Comme chacun sait, l'histoire est toujours un domaine très ouvert, ce qui rend l'histoire très imprévisible.

Pourtant, en certaines circonstances, il est plus facile de prévoir le moyen et le long terme que le court terme. Et si l'on en doutait quelque peu, le Covid 19 pourrait en être la preuve.

Il y a peu encore en effet, en matière de court terme, qui pouvait imaginer le pire sur l'évolution de cette soudaine pandémie ? Et on a vu apparaître très vite  des systèmes de santé saturés, des personnels épuisés, des morts par centaines de milliers pour les plus proches de notre continent (ou les millions par ailleurs), des contraintes sans précédent en matière de liberté d'entreprendre, de se déplacer, d'entretenir nos modes de vie, et aussi des ruptures d'approvisionnements, même en matériels de santé ou sanitaires, et aussi encore des interrogations sans réponses satisfaisantes de la part de ceux qu'on considérait souvent comme les responsables de ces manquements, et tout ce qui s'en suit pour ensuite douter de leurs explications si peu simples à formuler.

En fait, nous étions tous, sans exception aucune, emportés dans une vague déferlante et imprévisible dont personne ne voyait comment s'en échapper.

Puis, de façon toute aussi imprévisible, une timide fenêtre s'est ouverte avec l'apparition de vaccins dont nul ne pressentait la naissance en si peu de délai, fenêtre dont beaucoup n'osait même s'approcher par crainte qu'il ne s'agisse que d'un mirage trompeur. C'était toujours du court terme, mais à puissance inédite.

Mais si, s'éloignant de ce court terme, l'on regarde un peu plus loin, quelques évidences apparaissent.

Cette crise sanitaire a sonné le glas de la mondialisation et de l'idéologie progressiste dominante qui, jusque là, faisaient loi.

Certes, les grandes épidémies de l'Antiquité ou du Moyen Âge (ou encore celles plus récentes), ces épidémies n'ont eu nul besoin de connaître la mondialisation pour faire aussi des millions de morts. Cependant, aujourd'hui, il tombe sous le sens que la généralisation des transports, comme des échanges ou des communications n'a pu qu'aggraver les choses. Le Covid 19 a fait "comme tout le monde" : il a circulé au rythme de cette généralisation d'échanges.

Eh bien aujourd'hui, on ne circule plus !

Je lisais tout récemment que même le tunnel sous la Manche a vu sa circulation de trains réduite de 90%, mettant en péril l'Eurostar qui n'assure plus chaque jour qu'un seul aller-retour depuis Londres jusque Paris ou Bruxelles. Qui l'eut cru il y a quelques mois encore, comme la réduction drastique de fréquentation de nos TGV nationaux ? Autrement dit, on a rompu avec le principe de la libre circulation des hommes, des marchandises ou encore des capitaux.

Ce n'est pas la fin "du monde", mais la fin "d'un monde".

Rappelons-nous que la mondialisation reposait surtout sur l'impératif de produire, de vendre ou d'acheter, de bouger, de circuler, d'avancer et de se mélanger dans un vaste "vivre ensemble". Elle reposait aussi sur l'idéologie du progrès et l'idée que l'économie devait définitivement supplanter le "politique". Mais voilà que - Patatras ! - alors qu'on nous vantait le mouvement, le "bougisme" et le déracinement, tout est à l'arrêt et bon nombre de respirations sont désormais placées sous oxygène passager.

Qu'en sera-t-il quand celui-ce se tarira et les robinets fermeront sous le poids d'une dette in-maîtrisable ? 

Et maintenant, qu'est-ce qui s'annonce ?

Cette crise économique et sociale pourrait bien déboucher sur une nouvelle crise financière qui pourrait nous faire oublier celle de 2008 de par son ampleur. Le Covid 19 n'en sera pas le déclencheur mais il en aura été simplement le catalyseur.

Par ailleurs, il n'est pas exclu qu'on doive aussi traiter simultanément une crise sanitaire, comme celle économique évoquée plus haut, mais encore celle sociale, celle écologique ou celle autre migratoire. Une véritable conjonction de catastrophes, un autre "tsunami" à venir.

"Nous sommes en guerre" a déclaré, il y a un an déjà, Mr Macron dans une allocation très discutée. Mais une guerre exige non seulement des moyens, mais aussi des chefs, et des chefs dotés d'autres armes que les promesses de tribunes plus ou moins incompétentes ou irresponsables. Les pistolets à bouchon n'ont plus place dans cette compétition.

Et quand tout cela sera passé, car il y aura bien une fin….

Peut-être reviendrons-nous alors au désordre établi de si longue date ? Ou aurons-nous peut-être enfin trouvé le moyen de repartir sur de meilleures bases, éloignées de la marchandisation du monde, du productivisme ou encore du consumérisme à tout prix ?

Je m'efforce d'y croire.

Encore !

11 avril 2021

L'ENA, LE BOUC ÉMISSAIRE

TRIBUNE LIBRE

de Jean-Michel BRETONNIER

politique,faits de société- L’ENA est-il un parfait bouc émissaire face aux maux français ? Emmanuel Macron avait-il besoin d’un tel trophée pour le prouver ?

Il a cependant sacrifié et offert au pays cette institution voulue et créée par Charles De Gaulle lui-même dès les lendemains de la libération.
 
L'ENA - École Nationale d’Administration -  présente-t'elle donc l’avantage de concentrer sur ses trois lettres la rancune des administrés et des citoyens contre la bureaucratie de notre administration et l’élitisme latent de la classe politique, mal français que nul ne conteste ?

C’est même si avantageux, et si peu dangereux, que de se payer l’ENA, c’en est devenu une des rengaines de la démagogie nationale. L’ENA et ses travers ont généré au fil de décennies tout un répertoire d’histoires, certaines parfois très drôles.

C’est vrai que le petit nombre d’élèves par promotion et leur omniprésence ensuite dans les plus hautes sphères de l’État et des grandes entreprises nationales pouvaient conduire au procès en uniformité des dirigeants du pays.

Un même moule pour l’élite tant du public que du privé. Il est vrai aussi que l’idéalisation de son excellence a conduit l’École à faire du classement de sortie une prédestination à vie. Les mieux classés, à 25 ans, déboulent pour donner des leçons à tout le monde et trustent les meilleures places, qu’ils conservent jusqu’au terme de leur - souvent - brillante carrière.

Il fallait donc rénover cette vieille maison.

Mais ce qu’annonce ensuite Emmanuel Macron est plus large : remplacement de l’ENA par l’Institut du Service Public (ISP), dont les diplômés devront faire leurs preuves dans des fonctions opérationnelles avant de prendre des postes de direction. Cet ISP dispensera donc, dès Janvier 2022, l’enseignement du futur tronc commun aux prochains administrateurs de l’État (magistrats, directeurs d’hôpitaux, commissaires, etc).

Pourquoi pas ?

Mais on ne voit cependant pas bien pourquoi l’ENA ne pouvait pas rester l’ENA dans ce cadre. Sauf à considérer peut-être qu’il fallait au futur candidat Macron une réforme symbolique et apparemment populaire.

Apparemment, c'est parce qu’il est bien possible que l’ENA fasse partie de ces objets que les Français aiment détester, plus qu’ils ne les détestent vraiment. Où se trouve la logique dans tout ce remue-ménage ?

02 mars 2021

NÎMES & LE TORO-BALLON-BÊTON

TRIBUNE LIBRE

de Philippe BERTA, Député du Gard

berta.jpg- Dans un récent communiqué, le Député Modem du Gard, Philippe BERTA, regrette que la ville de Nîmes soit au centre de l'actualité nationale pour des aspects négatifs

"Sans me prononcer sur le fond de l’affaire en cours qu’il ne m’appartient pas de commenter, je ne peux que regretter qu’une nouvelle fois notre ville de Nîmes ait une image négative face à tout le reste de la France. On ne parle de Nîmes que pour des affaires politico-immobilières scandaleuses ou pour des actes de violence qui marquent la faillite de la municipalité à intégrer ses quartiers. C’est désastreux."

Et Philippe Berta de poursuivre : "Que ces opérations soient légales ou pas, si nos édiles portaient moins d’attention aux projets immobiliers et au béton – le fameux "embellissement"et un peu plus au développement économique et à la cohésion sociale, à la création de centres de création de richesses et non de dépenses, nous en sortirions tous grandis".

"Que dire encore de ces élus locaux qui ont fait dériver le mandat en métier et qui, pour certains, n'ont même jamais travaillé, ni montré leurs capacités sur le terrain de la vraie vie".

"Le "toro-ballon-béton" populiste qui nous est vendu de façon permanente nous montre ses limites et nous entraine vers la misère et la violence".

"Quel désastre !"

23 février 2021

ISLAMO-GAUCHISME : la polémique

TRIBUNE LIBRE

de Jean-Michel BRETONNIER

et François VAN DE VILLE

politique,faits de société- Au-delà du sujet lui-même, particulièrement mal posé tel qu'on le présente actuellement, il reste que nous avons le droit de savoir quel type de société prépare les enseignements universitaires.

Pourtant, ce n’est pas parce qu’une polémique est mal emmanchée - ce qui est souvent le cas - qu’elle ne révèle pas l’existence d’un sujet digne d’intérêt. Il existe bien une convergence, dans notre société (donc aussi à l’université !) entre des idéologies de gauche radicale et certains courants de pensée islamistes. D’où la notion d’islamo-gauchisme.

Au-delà de ce phénomène se développent, dans les cours et les colloques universitaires, de nombreuses études autour du genre, de la "race" et/ou des classes sociales. Les sujets méritent donc qu’on s’y penche, évidemment. Le tout étant de savoir comment et dans quel but.

C’est ce que proposent un certain nombre d’universitaires dans une tribune adressée au journal "Le Monde" : ils demandent que le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) apprécie la qualité des productions universitaires. Il se trouve aussi qu’une partie de cette offre, en s’exonérant des disciplines d’enseignement éprouvées et en se raccrochant au genre des "studies" (d’origine américaine) s’expose aux marottes, aux outrances, voire aux ridicules d’un militantisme à prétention scientifique.

L’étude de cet organisme aurait également l’immense intérêt de mesurer l’étendue des dégâts. Entre ceux qui nient tout problème – soit qu’ils en sont partie prenante, soit qu’ils ont un intérêt politique à le faire – et ceux qui considèrent que l’université est tout entière gangrenée par le phénomène, il serait bon d’en connaître l’ampleur.

Les universitaires doivent, bien sûr, rester libres de choisir leurs travaux de recherche. Mais nous avons tous le droit de savoir quel avenir ils nous préparent : les idées façonnent la société.

Savoir, par exemple, si l’université devient, ou non, le théâtre d’une lutte acharnée entre tenants d’un universalisme politique et moral et/ou tenants d’un communautarisme militant.

Le débat ne fait que commencer. Mais, trop grave en soi, il ne mérite pas l'indifférence.

10 janvier 2021

DONALD TRUMP ET LA DÉMOCRATIE

TRIBUNE LIBRE

de Jean-Michel BRETONNIER

et François VAN DE VILLE

demo.jpg- En trustant autant de tares morales et d’insuffisances, Donald Trump aura quand même eu le mérite de réhabiliter le rôle de l’incarnation en politique.

Le "trumpisme" n’aurait guère été possible sans la vague de démagogie, de nationalisme et d’autoritarisme qui balaie le monde, ni davantage sans la radicalisation politique et religieuse en cours aux États-Unis. Mais tout ceci n’existerait pas sans Donald Trump.

Cette évidence doit être rappelée quand certains refusent l’approche psychologique de la catastrophe électorale de 2016. Car l'élection de Trump en 2016 fut bien une catastrophe. Comme si la politique n’était que la seule résultante de forces économiques et sociales. Comme si son incarnation ne comptait pas. Comme si nous étions prêts à nous laisser gouverner par une super intelligence artificielle.

La moitié des électeurs américains avaient en effet, après le Président Barack Obama, porté à leur tête cet homme-là, et pas un autre. Doté d’une personnalité foncièrement perverse, la plupart de ses décisions ne pouvaient être que nuisibles. Et elles le furent à chaque rendez-vous qui ont suivi.

En reprochant aujourd'hui à ses soutiens "d’avoir sali la démocratie" immédiatement après les avoir exhortés quelques heures auparavant à marcher sur le Capitole, Donald Trump affichait aussi son total cynisme comme sa lâcheté. Mais tant le candidat que le président avaient, en quelques années, exposé l’étendue de ses tares morales et dévoilé ses limites intellectuelles.

Cynique et lâche, mais aussi menteur, manipulateur, narcissique, mégalomane, paranoïaque, impulsif, raciste, xénophobe, misogyne, inculte, inconséquent, brutal, vénal, vaniteux, puéril, paresseux, démagogue, despotique, séditieux, indécent…

Alors pourquoi donc 74 millions d’Américains ont-ils pu voter, hier, pour un pareil épouvantail ? La question mérite d'être posée.

Peut-être - qui sait ? - par un dégagisme radical jusqu’à l’absurde.

La démocratie représentative étant fondée sur le choix, pour la guider, du meilleur parmi l’élite, les citoyens qui la considèrent en échec et qui rejettent aujourd'hui "le système" cherchent apparemment, tout au contraire, à élire celui que les élites détestent le plus.

Même si c’est le pire.

Mais ceci a un prix, et c'est la démocratie elle-même qui devra payer. Et pas seulement dans les seules limites du continent d'outre-atlantique : cela nous concerne aussi, comme les valeurs que nous défendons et qui sont la base de nos démocraties. Et toute cette laborieuse construction risque, aujourd'hui, d'être ébranlée.

Nous ne pouvons donc rester indifférents.

04 décembre 2020

VALÉRY GISCARD D'ESTAING

giscard.jpgUn très grand Président - Mr Valéry Giscard d'Estaing - vient de nous quitter à l'âge de 94 ans suite à une affection soudainement aggravée par le Covid-19.

Jusqu'au bout, le Président Giscard d'Estaing aura gardé une incroyable vivacité intellectuelle. Voilà plus de quatre décennies qu'il avait quitté le pouvoir après un septennat encadré par deux chocs pétroliers, chocs qui ont mis fin brutalement aux "30 glorieuses" qui avaient permis à la France de faire longuement des pas de géant dans tous les domaines, sociaux; économiques ou industriels.

Le Président Giscard d'Estaing avait été élu à la suite du décès prématuré du Président Georges Pompidou, héritier lui-même putatif de De Gaulle. Giscard d'Estaing incarnait alors une vision heureuse sur l'avenir de la France dans la  grande compétition mondiale qui s'organisait déjà.

Hélas, dès la première crise pétrolière qui bouleversait nos économies par des hausses sans précédent de nos énergies, cette vision heureuse sombrait vite dans la grisaille de cette crise inattendue.

Et pourtant, fidèle à lui-même, il a perçu l'éclosion de nos jeunes générations, leur soif d'émancipation après de longues années restées figées dans d'étroits carcans héritiers du passé. Il a voulu accompagner la mutation de notre société par des réformes : toutes ont marqué notre temps de façon définitive. Aucun de ses successeurs - c'est un fait remarquable - de Mitterrand à Hollande en passant par Chirac ou Sarkozy n'a osé revenir sur ces réformes courageuses. Un commentateur écrivait que la modernité avait été le mantra de Giscard d'Estaing.

Giscard d'Estaing avait aussi une intuition : celle de l'Europe dont la construction politique fut son grand œuvre, mais aussi son rêve inachevé par la faute de dirigeants attiédis par d'autres ambitions à courte vue qui les taraudaient.

Quand le Général De Gaulle avait surtout voulu rétablir la grandeur et l'indépendance de la France, lesquelles avaient été très affaiblies par ses luttes intestines entre droite et gauche, et aussi par la constitution délétère d'une République en total déclin, le Président Giscard d'Estaing a surtout été celui qui a voulu poursuivre l'œuvre du fondateur de la V° République, mais en l'adaptant aux réalités qui surgissaient de partout à travers le monde.

Sitôt élu, le Président Giscard d'Estaing a ouvert aussitôt aux jeunes français le droit de devenir majeur dès l'âge de 18 ans et de participer désormais aux scrutins qui fixeraient leur propre avenir.

Il se tourne aussi vers les femmes à qui il ouvre le droit, par la voix de Simone Veil, à l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse). Puis il ouvre le financement par l'Etat de la "pilule" contraceptive. Il ouvre aussi aux femmes le droit à l'autonomie financière, d'ouvrir leurs propres comptes en banque et de disposer désormais d'un carnet de chèques hors toute autre autorité masculine.

Il pense aussi aux familles en difficulté en instituant la séparation par consentement mutuel et éviter ainsi les longs déchirements par des divorces qui se prolongeaient sans fin.

Il crée un secrétariat au droit des femmes, totale innovation jusqu'alors inconnue.

Il accorde aux chômeurs le droit de percevoir désormais une indemnité de 90% pour atténuer leurs difficultés en recherche d'emploi. Il accorde aussi le droit à la retraite à 60 ans pour les travailleurs aux emplois pénibles.

Il accorde l'indépendance éditoriale à l'ORTF vis-à-vis du gouvernement, alors que se profile le développement des moyens de communication, notamment la télévision.

Il permet la création de lignes de TGV pour rapprocher les français et leurs régions les unes des autres, la construction de centrales électriques à énergie nucléaire pour faire de la France un pays à l'énergie non polluante.

Il autorise aussi l'ouverture de la France vers l'espace en créant la fusée Ariane.

Sur le plan international, il expose que la grandeur et l'indépendance de la France ne peuvent s'assurer dsormais que par et dans la construction de l'Europe et le rapprochement avec l'Allemagne : il lie des rapports étroits avec le Chancelier Helmut Schmidt et crée avec lui ce qu'on appellera désormais le "couple franco-allemand". Il crée les fondements d'une monnaie commune à toute l'Europe (projet "Écu" qui deviendra ensuite "Euro"). Il impose que le Parlement européen soit élu désormais au suffrage universel direct. Il crée le G5, il amorce des rencontres régulières entre dirigeants d'état pour coordonner leurs actions à l'échelle internationale, et ce G5 initial s'agrandira comme on sait.

Cette énumération pourrait prolonger plus loin encore....

Toutes ces réformes ont cependant contribué, par leur ampleur quasi révolutionnaires, à créer un déséquilibre politique difficile à maîtriser. Cependant ils les a conduites malgré les oppositions de droite comme de gauche qui se sentaient bousculées, même si souvent tentées de les applaudir, les unes comme les autres, pour des raisons opposées. Et ces dernières d'inventer ensuite de toutes pièces, comme pour bousculer ce nouvel ordre  en organisant - l'on s'en souvient - des rumeurs souvent grotesques, comme celle des "diamants de Bokassa" qui lui furent offerts (alors qu'il était encore ministre) par un dirigeant africain de passage et dont aucun ne pouvait intéresser les joaillers puisqu'ils étaient surtout destinés à un usage industriel. Mais cette "affaire" un peu rocambolesque a beaucoup assombri la fin de son quinquennat.

Pour couronner cependant son œuvre avant de la laisser à son successeur (Mitterrand), le Président Giscard d'Estaing aura été le dernier Président à quitter ses fonctions en laissant une France au budget parfaitement équilibré malgré les crises pétrolières successives traversées si longuement. Aucun dirigeant qui lui a succédé n'a eu le courage de renouveler ensuite cet exploit, tout au contraire. On sait aujourd'hui les conséquences de leurs gabegies.

Beaucoup plus tard enfin, sa passion de construite une Europe à la fois plus solidaire et indépendante l'a conduit à être choisi par les gouvernements européens pour écrire longuement une proposition de constitution européenne. Hélas, les français ont rejeté son projet au travers d'un référendum dont lui-même disait qu'il était inadapté pour ce genre de consultation et dont il pressentait l'échec. Ce fut certainement pour le Président Giscard d'Estaing une très grande déception.

Nul ne doute que l'Histoire lui rendra cependant, et longuement, l'hommage qu'il mérite pour l'œuvre accomplie.

Merci Monsieur le Président.

François VAN DE VILLE

Secrétaire Général du MoDem du Gard

17 octobre 2020

CETTE LUMIÈRE DU SAVOIR QU’ILS NE POURRONT ÉTEINDRE

TRIBUNE LIBRE

de Julien LÉCUYER

obscurantisme.jpg - La barbarie à l’œuvre, ce vendredi 16 Octobre, rappelle que le savoir, parce qu'il est un outil d’émancipation, est l’ennemi des obscurantistes. Il nous appartient donc de le défendre.
 
Le dégoût... La nausée... Une éclipse de l’humanité... La tristesse se mêle à la colère...

Le drame qui s’est noué à Conflans-Sainte-Honorine emporte dans la tombe la richesse du savoir, une vie détruite par l’ignorance crasse du radicalisme, probablement ici islamiste.

Aujourd’hui, cependant, sonnera l’heure des interprétations douteuses et des récupérations politiques. Méfions-nous-en comme de la peste. Les simplifications, comme toute brutalité, seront utilisées par ces mêmes ennemis de notre démocratie qui tuent artistes, soldats et, désormais, les professeurs.

Aujourd’hui, plus que tout autre jour, nous devons être aux côtés de nos enseignants. Ces hussards noirs de la République qui portent l’arme de la connaissance dans la plaie de l’obscurantisme. Ce professeur assassiné aurait peut-être (?) usé des caricatures de Mahomet pour illustrer un cours sur la liberté d’expression. En cela, il œuvrait pour cette chère "laïcité" à la française qui invite à regarder la religion à hauteur d’homme. Il participait à la construction de la conscience critique des enfants, œuvre sublime de civilisation. Mais, pour tout cela, il devenait "coupable".

Mais peut-être aussi cela exigerait un regard plus exigeant sur le sens profond du mot "laïcité" dont le temps finit d'en faire une sorte de fourre-tout de nombreuses interprétations les plus diverses qui peuvent en faire perdre son vrai sens : il faut revenir au texte initial de la Loi et ne pas s'en éloigner au risque de heurter inutilement certaines sensibilités. Mais c'est là un autre sujet.

Il reviendra donc à l’enquête de déterminer le profil du meurtrier : loup solitaire échappant aux radars ? Fiché "S" oublié ? Psychotique ? Qu’importe en réalité !

Il appartient à la Nation française, au-delà de montrer son unité, d’affronter le mal. Cela passe sans nul doute par la poursuite de la mission à laquelle cet enseignant a offert sa vie : instiller dans chaque veine juvénile l’amour de la hauteur, la joie de la mise en perspective, l’enthousiasme des valeurs de liberté que la caricature transporte. Mais cela implique aussi de protéger nos émissaires, qu’ils soient à la guerre ou, désormais, en classe.

Nul projet de loi ne saurait assurer à lui seul cette tâche. Les fronts sont en effet ouverts partout : dans les ténèbres de la pensée de quelques fous, dans les mots d’un prêcheur radical, dans les vertiges d’un Internet devenu nauséabond, dans les halls d’immeubles trop longtemps abandonnés, dans les quartiers laissés pour compte : oui, les fronts sont partout!

Le combat ne fait que commencer pour que la lumière du savoir ne s'éteigne jamais. Et nous devons tous en être les combattants, vigilants et ardents.

16 octobre 2020

LA FRANCE ET LES DROITS DE L'HOMME

TRIBUNE LIBRE

d' Éric DUSSART

droits.jpg- Élue de nouveau au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU,  la France a été interpellée presqu'aussitôt sur la timidité de ses positions en la matière. Surprenant !

Le Président Macron s’est cependant félicité, tout récemment, du retour de la France au sein de ce Conseil de l'ONU pour un nouveau mandat de trois ans, lequel pourrait naturellement couler de source pour notre pays qui se voit en berceau des Droits de l’Homme depuis 1789. Mais d’autres membres de l’ONU, et surtout plusieurs ONG, nuancent cependant notre pays de critiques ciblées.

Le représentant des "Human Rights Watch" à l’ONU pointe le peu d’entrain de Paris à se joindre à la mission proposée par les Pays-Bas, la Finlande et la Suisse sur les violations commises en Libye par toutes les parties. Il rappelle le soutien français au général Haftar, lequel refuse toujours de livrer son bras droit, Mahmoud Al-Werfalli, visé par un mandat d’arrêt pour crimes de guerre.

Paris est également montré du doigt pour son silence persistant au sujet du traitement infligé par la Chine aux Ouïghours, comme aux autres minorités du Xinjiang, ainsi qu’à propos de la nouvelle "législation relative à la sécurité nationale" qui compromet l'avenir même de Hong Kong. La signature française, intervenue en juin, à la motion britannique est estimée très tardive, voire même un peu contrainte.

De même, encore plus récemment pour la motion présentée par le Danemark au sujet d’un rapport faisant état de tortures, de détentions arbitraires, de disparitions forcées, entre autres, en Arabie Saoudite. Ainsi, par ailleurs, d’une demande de transparence sur l’épouvantable meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Là encore, le soutien français est estimé "timide".

On parle encore du Yémen où la France y est suspectée de fournir des armes, comme sur d’autres théâtres de guerre, souhaitant qu’elle ne revienne pas au Conseil pour rester à la traîne des autres pays européens.

Emmanuel Macron a promis cependant que "la France fera entendre sa voix humaniste, féministe et progressiste" et "débarrassée de toute considération étrangère aux Droits de l’Homme".

On jugera sur les faits, et non seulement sur des déclarations d'intentions.

25 juillet 2020

L'ANCIEN MONDE FAIT DE LA RÉSISTANCE

TRIBUNE LIBRE d' Éric DUSSART

gauche-droite.jpgSelon un sondage réalisé par l’IFOP pour "Le Point", la gauche serait "dans les choux" et les sympathisants "LREM" de 2017 se "droitiseraient".

C’est pourtant un exercice assez ancien auquel on ne prête pas toujours grande attention, tant ses résultats n’évoluent généralement qu’à la marge. Il s’agit de demander à un échantillon représentatif de la population française de se positionner sur une échelle de dix, allant de l’extrême gauche à l’extrême droite. Le chiffre cinq correspondant donc au centre.

Surprise, cette fois-ci : il existe un vrai glissement de cette opinion vers la droite. 39 % des Français se situeraient au-delà du chiffre 6, soit une augmentation de cinq points, par rapport à l’an dernier. Au passage, on note qu’ils sont maintenant 11 % à se situer sur le chiffre 9 – très à droite, donc – alors qu’ils n’étaient que 4 % en 2017.

Jérôme Fourquet, Directeur du département opinion de l’IFOP, évoque en guise d’explication «l’actualité récente autour des questions de sécurité», mais prévient que cela ne suffit pas à expliquer ce phénomène. « Il faut aussi prendre en compte le vieillissement démographique du corps électoral ou l’érosion lente du bloc centriste, exceptionnellement élevé depuis la dernière présidentielle».

La preuve ? Si 32 % des Français se situent au centre, c’est un recul de six points par rapport à 2017. Globalement, les électeurs "LREM" ont glissé de plus d’un point vers la droite : ils se situent en moyenne à 6,7 sur cette échelle, contre 5,6 en 2017.

Commentaire de Jérôme Fourquet : «Lorsqu’Emmanuel Macron a constaté que la droite, en dépit de l’affaire Fillon, avait résisté en obtenant cent députés, elle est devenue le camp à fracturer. D’où l’enchaînement de nominations et de choix politiques».

Quant à la gauche, elle recule à 13 %.

Mais l’un des enseignements soulignés par Jérôme Fourquet est que «le clivage gauche-droite, porté disparu après la dernière élection présidentielle, se porte à nouveau très bien». Comme il dit, «l'ancien monde fait de la résistance».