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11 novembre 2018

LES CAVALIERS SEULS

LES CAVALIERS SEULS

nationalisme.jpgL'attitude particulièrement méprisante de Donald Trump, depuis son arrivée à Paris vendredi et précédée d'un tweet insultant pour son hôte et jusque ce dimanche 11 Novembre - comme, dans une moindre mesure, celles plus prudentes mais non mois significatives des Poutine ou Netanyahou (pour ne citer que les principaux) - ont illustré le retour des égoïsmes nationaux dénoncés brillamment par Emmanuel Macron et Angela Merkel.
 
Que faut-il retenir de cette journée de commémoration du centenaire de l’Armistice ?

L’image de ces soixante-dix chefs d’État et de gouvernement remontant à pied vers l'Arc de Triomphe, sous une pluie battante et au son des cloches de Notre-Dame retransmises jusque là et rappelant celles qui résonnaient au même instant il y a 100  ans, a été un moment fort, rempli d'une émotion prenante. Puis a suivi celle d'un Donald Trump, faisant cavalier seul, au milieu d'un cortège outrancieusement tankerisé et éloigné de celui pourtant prestigieux qui l'avait précédé, entaché aussi depuis la veille par son absence remarquée d'une cérémonie dans un cimetière où reposent des milliers de soldats américains tombés sous la mitraille de 14-18.... mais absent de cette cérémonie sous prétexte de pluie (!), puis encore son autre absence aux côtés des autres invités d’Emmanuel Macron participant au premier Forum de la Paix. Que dire ? L'on en reste pantois.

On ne saurait se montrer plus "insultant", pour reprendre le vocabulaire du Président américain, à l’égard du multi-latéralisme, ce principe sur lequel repose, malgré ses lourdeurs et ses lenteurs, la paix dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, guerre que les dirigeants des années 20 et 30 avaient pourtant vu venir, tout en étant incapables d’en arrêter la mécanique infernale.

Les années 30 ? Voilà qu’elles se rappellent aujourd'hui à notre souvenir dans les discours entendus hier avec beaucoup de justesse.

Celui d’Emmanuel Macron, soulignant que "le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme" et que ceux qui disent "nos intérêts d’abord" vont à l’encontre des "valeurs morales" de toute Nation. L"America First" de Donald Trump était clairement visé, comme d'autres nationalismes exacerbés et représentés hier par leurs sombres figures.

Celui d’Angela Merkel qui s’inquiète, de son côté, de voir la coopération internationale "et même le projet européen de paix" aujourd’hui remis en question.

Celui, enfin, du Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, évoquant, lui aussi, les années 30 et cet "engrenage invisible" qui a conduit à la guerre malgré les "plus jamais ça" de 1918.

Les "passions tristes" et les "anciens démons, que la France et l’Allemagne ont su ensemble conjurer, sont toujours à l’œuvre, même au cœur de notre Europe, voulue et bâtie précisément pour les en chasser.

Mais, de cela et de ces démons renaissants à l'évidence, Mr Donald Trump - et ses affidés idéologiques - s’en moquent totalement, enfermés qu'ils sont dans leur populisme racoleur.

Si l'on n'y prend pas garde d'urgence, il y a danger. L'Europe est et doit rester notre rempart : car il n'y en a pas d'autres.

F.VDV

08 novembre 2018

HISTOIRE ET POLÉMIQUE

HISTOIRE ET POLÉMIQUE

mouvement démocrate,politiqueEmmanuel Macron juge "légitime" d’associer le Maréchal Pétain à l’hommage militaire rendu aux Invalides à Paris, ce prochain samedi, à tous les vainqueurs de 1918, soldats comme à leurs chefs sans exception aucune, à l'occasion de la commémoration du 100° anniversaire de l'armistice mettant fin à l'un des plus importants charniers de l'Histoire de l'Europe.

Comme on pouvait s’y attendre, cette déclaration a ranimé la flamme de la polémique autour d’un invité posthume encombrant, Philippe Pétain, même si le Président Macron n'a pas prévu y assister et ne sera représenté que par son chef d'état-major.

Pour le Président de la République, rattrapé par le sujet lors de toutes ses étapes de Charleville-Mézières à La Flamengrie, cet hommage est donc "légitime", s’agissant de celui qui a été "pendant la Première Guerre mondiale un grand soldat", avant ses "choix funestes" qui l’ont conduit à la collaboration avec l’occupant nazi en 1940.

Pour beaucoup de voix à gauche, comme pour le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Vichy aurait donc effacé Verdun, et la condamnation à l’indignité nationale prononcée à la Libération par un Tribunal contre l’ancien héros de la Marne devenu complice, vingt-deux ans plus tard, de la déportation des juifs français, ne saurait être levée, fût-ce le temps d’une cérémonie commémorant ses faits d’armes antérieurs.

Mais le CRIF ignore que Montesquieu prévenait, déjà en son temps, qu'un "peuple connait, aime et défend toujours plus l'image gravée dans sa mémoire que les lois", même celles prononcées par un Tribunal quel qu'il fut. Et l'image du vainqueur de Verdun est restée gravée dans notre Histoire par dessus les vicissitudes, même condamnables, qui ont suivi son parcours lors de son naufrage de fin de vie.

Hier encore, dans l’Aisne, Emmanuel Macron a dû revenir de nouveau sur le sujet brûlant pour dire : "Je ne pardonne rien mais je ne gomme rien de notre histoire".

Comme l’ont fait, bien avant lui, tant le Général de Gaulle lui-même, que Pompidou, Giscard d'Estaing et François Mitterrand - qui, tous, avaient connu les deux guerres et les deux faces du Maréchal - Emmanuel Macron a rappelé à son tour cette page de notre Histoire. De Gaulle disait même de Pétain, en 1966, que "la gloire qu’il acquit à Verdun (…) ne saurait être contestée ni méconnue par la Patrie". Et Mitterrand, au grand dam de sa famille politique, fit longtemps fleurir chaque 11 Novembre, pendant 14 ans, la tombe du Maréchal à l’île d’Yeu…

La reconnaissance, beaucoup plus tard en 1995, par Jacques Chirac de la responsabilité de l’État français et de son chef de l’époque dans la déportation des juifs français aurait donc dû clore définitivement le débat. Mais ce débat revient aujourd’hui de plein fouet.

Faut-il s'en étonner ?

Non, l'Histoire, et particulièrement dans ses commémorations, ne peut rien oublier, ni ses parts de lumière ni celles de ses ombres : les deux restent intimement liées l'une à l'autre, et elles continuent même de s'expliquer indissociablement l'une par l'autre. Aucun oubli n'y a donc sa place.

F.VDV

 

05 novembre 2018

François BAYROU sur France Inter

QUESTIONS POLITIQUES

À écouter l'entretien de François Bayrou lors de l'émission du 4 Novembre 2018 sur France Inter.

Une émission majeure à connaître.

Lien Vidéo : https://www.dailymotion.com/video/x6wnjdl

04 novembre 2018

SE RAPPROCHER DE L'HISTOIRE

TRIBUNE LIBRE

"SE RAPPROCHER DE L'HISTOIRE"

par Jean-Michel Bretonnier

La célébration de l’armistice cumule les symboles, comme s’il y avait un doute sur nos capacités à prendre la mesure de l’histoire.

mouvement démocrate,politiqueToute initiative du Président Macron est aujourd’hui jugée à l’aune de son impopularité. Ce serait chaque fois sa dernière chance de rompre avec la poisse qui lui colle à la peau depuis l’été. Certains voudraient faire entrer ce long périple destiné à célébrer le centenaire de l’armistice de la Grande Guerre dans cette catégorie. Pourtant, cette «itinérance mémorielle» avait été décidée bien avant que les déboires ne s’abattent sur la Présidence de la République.

En réalité, le chef de l’État ne peut pas rater ce rendez-vous avec l’Histoire. Même s’il a comme espoir secret une reconquête de l’opinion, il investit autre chose que sa personne dans ce parcours de six jours sur la portion de France qui a le plus souffert de la Première Guerre mondiale. Ce sont tous les Français, qu’ils aient ou non voté pour Mr Macron, qui rendent hommage, avec lui, aux innombrables victimes d’un conflit qui fut aussi absurde que dantesque.

Il y a même pléthore de symboles, comme si les penseurs de cet événement étaient pessimistes quant à notre capacité à prendre la mesure de l’histoire et qu’il faille en rajouter : hommage aux Poilus sur les champs de bataille et les villes martyres, consécration de la réconciliation franco-allemande le 11 novembre à Paris et dans la clairière de Rethondes, multilatéralisme au service de la paix avec un forum de chefs d’État, reconnaissance du sacrifice industriel d'une vaste partie de la France et de sa renaissance, etc.

Ce chef de l’État (ce pourrait être un autre), qui dormira plusieurs jours dans des sous-préfectures, loin de l’Élysée, on voudrait même l’imaginer sans portable et serein, sans selfie et sans stress, au contact direct des Français et en prise avec l’histoire. Conditions indispensables pour faire une bonne politique, mais empêchées par les tyrannies de l’instant et de l’image.

30 octobre 2018

Du DIESEL et des CLOPES

Du DIESEL et des CLOPES

L'exécutif semble ne pas comprendre que les Français n’acceptent pas d’être pénalisés de rouler au diesel, après y avoir été, il y a encore peu, vivement encouragés.

En croyant attaquer le Président des Républicains - Mr Laurent Wauquiez - Mr Benjamin Griveaux s’en est pris de fait à une bonne partie des français.

Mr Wauquiez, tirant à boulets rouges (comme il en est coutumier sur n'importe quoi) à propos de la décision du pouvoir de taxer le diesel, en guise de riposte et pour justifier le choix d’une fiscalité écologique ("le diesel qui pollue") et salubre ("le tabac qui tue"), Mr Griveaux qualifia Mr Wauquiez de "candidat des gars qui fument des clopes et qui roulent au diesel". Et de conclure que "ça n’est pas la France du XXIe siècle que nous voulons".

La France du XXIè siècle, pour Mr Griveaux, c’est probablement celle qui circule en trottinette électrique dans les rues de Paris et, peut-être aussi, celle qui ne fume pas de cigarettes. C’est, peut-être encore, celle qui peut avoir tendance à se prendre pour une avant-garde dont la mission serait de sauver la planète.

Mr Griveaux a raison : cette France-là existe bien, et c'est fort heureux. Mais elle est aussi utile qu’elle peut être horripilante dans son zèle écologiste. Mais il existe aussi une autre France, plus nombreuse que la première, tout aussi utile que celle qui bannit le diesel : celle qui continue de rouler en voiture diesel. Et puis encore, il existe aussi une autre France, pas forcément la même : celle qui n’a pas encore arrêté de fumer.

Les Français qui roulent aujourd'hui au diesel ont pour le moins deux raisons de le faire : d’abord parce qu’ils ont, trop souvent, besoin de leur voiture pour se rendre au boulot ou pour leurs besoins familiaux, ensuite parce qu’on les a incités à utiliser le gazole, considéré comme moins polluant que l’essence (le moteur diesel consommant en effet moins que le moteur à essence)…. jusqu’à ce qu’on proclame aujourd'hui tout le contraire !

Alors, en attendant de pouvoir s’acheter une "Tesla" - ce qui n’est pas demain la veille, - les français continuent de rouler aussi en diesel. Et quand ils passent à la pompe, ils constatent que le plein a augmenté de 21% en un an : c'est beaucoup, beaucoup plus que leur pouvoir d’achat ne peut le supporter.

En attendant de rentrer dans les clous du "bon Français" du XXIe siècle, ceux-ci ont donc droit, aujourd'hui, au mépris de M. Griveaux pour qui la France rêvée ne sent ni le gazole ni le tabac froid.

F.VDV

27 octobre 2018

ÉLECTION EUROPÉENNE & STRATÉGIES

ÉLECTION EUROPÉENNE & STRATÉGIES



L’opposition progressistes/nationalistes aux européennes de 2019 mobilisera les soutiens naturels du Président Macron, mais elle risque d’effrayer ceux qui ont déjà peur.

C’est au cœur même du noyau nationaliste européen, en Slovaquie, que le Président de la République française s’est dressé contre « les démagogues qui ciblent l’Europe ». La campagne pour les élections européennes se profile déjà.

Il faut planter dès à présent le décor : pour Emmanuel Macron, c’est celui qui verra s’opposer les progressistes et les nationalistes. S’il est difficile de nier que cet affrontement aura bien lieu, présenter ces élections sous une forme aussi manichéenne peut présenter quelques inconvénients. C’est ce que tente, depuis un certain temps, de faire valoir le MoDem face à ses partenaires de La République en marche.

Le Président Macron est sincèrement européen et résolument partisan d’une économie et d’une société ouvertes. De surcroît, tactiquement, il se verrait bien rééditer le duel avec le Rassemblement national (ex-FN) dont il était sorti vainqueur à la présidentielle. Il a, en outre, tout intérêt à éviter une campagne sur des sujets franco-français où voudront l’entraîner ses nombreux adversaires, tant sa côte de popularité, et ses résultats économiques qui tardent à apparaître, le font sombrer dans les sondages.

Pourtant si, à l’élection présidentielle, il s’agissait d’arriver dans les deux premiers pour ensuite battre, au second tour et sans difficulté, la candidate d’extrême droite...., aux élections européennes, l'élection n'est qu'à un seul tour : il s’agira donc, pour Mr Macron, d’arriver en tête et le plus largement possible.

La ligne "progressisme" contre "nationalisme" suffira-t-elle ? Le noyau "macroniste", très européen, très libéral, suivra avec enthousiasme. Mais le thème du progressisme pourrait, non seulement ne pas fédérer au-delà, mais faire peur. Le risque existe, on ne peut le nier.

Hormis ceux qui sont à l’aise dans une économie mondialisée, mais aussi une société numérisée et en pleine évolution au plan des mœurs, les Français verront le progressisme comme une fuite en avant.

Alors les français ont besoin d’Europe, sans doute, mais surtout d'une Europe qui rassure et exige en même temps ouverture et protection.

F.VDV

23 octobre 2018

COMME UN COUVERCLE QUI SAUTE

TRIBUNE LIBRE

"Comme un couvercle qui saute"

par Hervé FAVRE

La vidéo du lycéen pointant une arme factice sur une enseignante  a déclenché une vague de témoignages.

braquage.jpgUn lycéen qui braque sa professeure avec une arme pour lui faire écrire ce qu’il veut sur son carnet de correspondance, on verrait la scène dans un film, on se dirait que le réalisateur en rajoute ! À part peut-être dans les établissements les plus difficiles du Bronx et encore…

Mais nous sommes bien en France, dans l’académie de Créteil et dans un établissement pas spécialement connu pour son climat de violence. En se faisant filmer par un camarade, l’auteur des faits a donné à son acte une publicité qu’il n’imaginait certainement pas et il doit en assumer aujourd’hui les conséquences judiciaires.

Face à cette vidéo choquante, le Ministre, Mr Jean-Michel Blanquer, encourage les lycées à appliquer l’interdiction du téléphone portable aujourd’hui en vigueur à l’école et au collège. Mais sans cette diffusion sur les réseaux sociaux, les faits n’auraient-ils pas rejoint sous le tapis tous ceux que l’Éducation nationale classe sans suite afin d’éviter une mauvaise publicité ?

La scène hallucinante du braquage au lycée de Créteil a fait sauter un couvercle. On voit fleurir par centaines sur Twitter, sous le hashtag #PasDeVague, les témoignages d’enseignants insultés, menacés, parfois bousculés physiquement, à qui leur hiérarchie a demandé de « lâcher l’affaire » pour ne pas nuire à la réputation de leur établissement.

Pas de conseils de classe, encore moins de sanctions pour les élèves fautifs, et défense de se montrer trop susceptibles et sensibles aux agressions verbales ! (Même la hiérarchie de l'établissement où ces faits se sont déroulés hésite souvent de soutenir l'enseignant agressé !)

Les faits reposent aussi, de nouveau (et encore !), la question de la responsabilité des parents dans la conduite de leurs enfants, ce que Jean-Michel Blanquer appelle la « responsabilisation des familles »… Dans Le Parisien, Mr Blanquer ose quand même user du mot « sanctionner ».

Mais, lorsque celui-ci s’engage à « rétablir l’ordre et l’autorité » dans tous les établissements concernés, le ministre pense-t-il aussi à rétablir les moyens humains que cela suppose ?

17 octobre 2018

L'INQUIÉTANT MONSIEUR MÉLANCHON

TRIBUNE LIBRE

"L'INQUIÉTANT MONSIEUR MÉLANCHON"

de Jean-Michel BRETONNIER

Journaliste

Président de la Commission de l'Information du GGQR

Applaudi par les députés du Rassemblement national, Jean-Luc Mélenchon dénonce une justice aux ordres du pouvoir politique.

Le leader de La France insoumise (LFI) nous inquiète d’abord pour lui-même : il voit le régime cubain si beau qu’il lui attribue, lors d’un discours à l’Assemblée nationale, la paternité d’un vaccin contre le cancer du poumon qui, hélas…. n’existe pas. Il retirera ensuite son affirmation. Il avait parlé un peu vite, sur un sujet pourtant sensible.

Il nous inquiète ensuite pour nous-mêmes, quand il prend ses fantasmes de persécution pour la réalité, en foulant la plus élémentaire vérité, et au mépris de nos institutions et de ceux qui les représentent.

Mélanchon.jpgLe Premier ministre s’est dit, hier devant les députés, choqué par les images de Jean-Luc Mélenchon s’opposant à la perquisition du siège de LFI. Édouard Philippe, dans sa volonté d’afficher en toutes circonstances sa placidité, avait choisi d’user d’une litote. L’attitude du leader des Insoumis, éructant à la face d’un policier, bousculant un procureur, enfonçant la porte d’un local et précipitant ainsi la fin d’une perquisition, dénonçant une justice aux ordres, doutant de notre état de droit, était grotesque, indécente et indigne.

Ces perquisitions étaient, certes, massives et donc impressionnantes, et une intrusion chez soi, même légale, est choquante. Mais toutes les procédures qu’impose la loi ont été en l’occurrence respectées. D’autres locaux de partis, d’autres domiciles de responsables politiques ont été perquisitionnés par le passé. Nous étions et sommes toujours pour autant en démocratie.

Mais M. Mélenchon se prend pour Lula, il s’imagine bientôt emprisonné, comme il le dit lui-même. Sans doute rêve-t-il de se faire libérer des geôles capitalistes par le peuple aux yeux enfin dessillés.

Les outrances de Jean-Luc Mélenchon ont pour but de faire douter de la réalité jusqu’à lui substituer une fiction politique. Comme celle du vaccin cubain.

05 octobre 2018

LES SENTIERS DU RÊVE

TRIBUNE LIBRE

"LES SENTIERS DU RÊVE"

par François VAN DE VILLE

Secrétaire Général du MoDem du GARD

Les français ont perdu confiance.

Les français ont perdu confiance tant dans leurs institutions (d'où leurs questionnements fort nombreux maintenant vers une VI° république, malgré le bilan flatteur d'une V° qui leur a cependant apporté 60 années de paix, mais dont la grande majorité d'entr'eux n'a jamais connu la guerre pour évaluer aujourd'hui les bienfaits de cette paix durement reconquise), les français ont aussi perdu leur confiance dans la politique au travers de celles et ceux qu'ils ont chargé de dessiner leurs propres destins. Mieux : ils ont même perdu confiance en celles et ceux qu'ils se sont choisis voici un peu plus d'un an pour être, au sommet de l'état, leurs guides et les entraîner dans des chemins nouveaux et éloignés des routines stériles où d'autres les avaient conduits précédemment.

Devant cette perte de confiance, me revient en mémoire un texte écrit, il y a plus de vingt ans, par le regretté Alain Peyrefitte, l'auteur ô combien prémonitoire de "Quand la Chine s'éveillera", et qui affirmait dans son analyse du monde de demain qui se dessinait que : "La société de défiance est une société frileuse où la vie commune est un jeu à somme nulle, voire à somme négative : si tu gagnes, moi je perds". Alain Peyrefitte démontrait par là combien cette situation constituait la racine profonde du mal français.

Tout cela, tout ce mal, ressort donc aujourd'hui de ses profondeurs à l'heure où certains évènements récents brisent les rêves où de jeunes nouvellement venus et savamment prometteurs avaient su les séduire et les entraîner dans leurs projets, il y a peu encore.

Du rêve qu'ils avaient su faire partager, il semble qu'on revienne brutalement, par la force des choses, à la simple et dure réalité politique.

Or, à des problèmes politiques, il n'existe pourtant pas de solutions techniques univoques. La réalité est chose complexe et toute politique n'est faite que de clairs-obscurs qu'il nous faut affronter à chaque pas. Et ceci n'est possible que par la recherche des faits dans leur réalité et hors des fantasmes, et ce dans un nécessaire dialogue qui éclairera alors utilement cette recherche salvatrice de vérité.

Ce qui me frappe chez notre Président actuel, outre ses qualités naturelles, c'est son apparente difficulté à assumer l'exercice démocratique : il semble incapable d'accepter le dialogue contradictoire et se remettre en question. Un de ses proches dénonçait récemment l'immodestie de son entourage. Notre Président semble parfois en effet incarner ce qu'il y a de pire dans la gauche, c'est-à-dire son sectarisme éprouvé en toute bonne conscience.

Est-ce l'effet d'une jeunesse toujours prolongée mais encore insuffisamment éprouvée par le temps ?

Et j'en reviens donc à ce rêve initial, celui où il a su entraîner les français il y a un peu plus d'un an. De ce rêve fondateur, en est-il sorti depuis ? J'en doute.

En effet, les dialogues auxquels il se livre avec éclat, y compris dans des bains de foule qu'il semble affectionner particulièrement, même lorsqu'ils peuvent être houleux, sont-ils de vrais dialogues ? Ou seulement de ces dialogues qu'on peut avoir dans nos rêves mais qui ne sont jamais que des monologues dépourvus de réponse ou d'écoute. Est-il sorti de son rêve nourri d'ambitions qu'hier il avait su faire partager ?

Ce sectarisme - puisqu'il faut bien appeler les choses par leur nom - semble être en contradiction avec la perception qu'avaient de lui ses électeurs.

Est-ce pour autant une escroquerie ? Je n'en suis pas convaincu. Je pense que notre Président vit toujours dans son propre rêve nourri de beaucoup d'ambitions généreuses, mais qu'il n'en est pas encore sorti. Il ne s'est pas réveillé et il poursuit toujours ce rêve hormis les contraintes de réalisme qu'entraine pourtant tout usage du pouvoir.

Le réveil risque pourtant d'être éprouvant pour beaucoup. Ce qui a été semé durant ces derniers mois ne portera en effet de fruits qu'après un temps qui paraitra fort long, voire parfois tout-à-fait insupportable face aux légitimes impatiences des français.

Le dialogue non seulement s'imposera alors avec force, mais il devra cesser d'être des monologues rêvassiers éloignés des problèmes centraux de la politique à venir. Ceux-ci ne sont pas encore tous connus, mais ils tourneront sans doute autour de notre rapport à la souveraineté, à la technocratie, aux nouvelles frontières de la science et de la technologie, à la préservation de nos cultures et de nos environnements baignés de notre très longue et riche Histoire.

Au-delà des horizons politiques hérités du passé, les français ne se reconnaîtront donc que dans un monde où primera l'émancipation et l'épanouissement de l'être humain, sans discrimination aucune. Cela nous éloignera vraisemblablement hors des sentiers du rêve.

23 septembre 2018

LE MoDem, LE PARTENAIRE REDEVENU INDISPENSABLE

TRIBUNE LIBRE

de Jean-Michel BRETONNIER

Journaliste

Président de la Commission de l'Information du GGQR

 Le rassemblement que veut réaliser le Président de la République en vue des européennes doit commencer par son seul véritable allié.

La République en Marche (LREM) vient de se rappeler de l’existence du MoDem. Elle pensait n’avoir plus besoin de lui : à l’Assemblée Nationale, c’était arithmétiquement vrai, tant le groupe majoritaire des marcheurs écrase la concurrence.

Politiquement, c’était en revanche une erreur de jugement. Électorallement, c'est un suicide annoncé.

Les journées parlementaires (ndlr : en pays breton atlantique) du MoDem qui se sont tenues ce week-end ont été le moment idéal pour rappeler au "grand frère" qu’il n’existe pas sans lui.

Après plus d’un an de vie commune majoritaire, le capital de patience des parlementaires du MoDem était épuisé. Ceux de LREM – mais aussi l’exécutif – avaient tendance à les considérer comme des supplétifs. Jean-Louis Bourlanges fit savoir qu’il en avait assez. Le Président du groupe à l’Assemblée (ndlr : Marc Fesneau), candidat au perchoir, obtint deux fois plus de voix que le MoDem ne compte de députés. Le délégué d’En Marche reconnut alors une forme d’arrogance.

Ce respect soudain pour le « petit » partenaire survient au moment où l’Élysée, et la majorité parlementaire, ont perdu de leur superbe en descendant sur la terre ferme et ingrate de l’exercice du pouvoir. On voit mal un Président convaincre les Français de sa volonté d’écouter le pays, alors qu’il ne ferait même pas l’effort de prendre en considération les attentes et les alertes de son seul allié. D’autant que François Bayrou (ndlr : Président du MoDem) demandait depuis longtemps au Président de la République de rééquilibrer sa politique, pour plus de protection des citoyens.

C’est ce que fait aujourd’hui Emmanuel Macron. Il a entendu les conseils du sage venu de l’ancien monde. Il a aussi mesuré à quel point il avait besoin d’un MoDem proche de lui pour constituer une liste aux Européennes capable de rassembler largement. Il s’agit pour lui d’éviter la fuite des centristes d’Agir et de l’UDI vers les concurrents "Les Républicains".