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23 mai 2019

CE N'EST PAS UNE ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

TRIBUNE LIBRE

de  Hervé FAVRE

élection.jpg"CE N'EST PAS UNE ÉLECTION

PRÉSIDENTIELLE"

- Tous les candidats affichent des programmes. Pourtant  ils ne pourront pas les appliquer sans alliances à 28.

"Avec nous, l’Europe sera plus écologique".

"Avec nous, l’Europe sera mieux protégée".

"Avec nous, la France retrouvera ses frontières".

Voilà ce qu'on lit sur les affiches ou les tracts qui nous sont distribués ou envoyés.

Les têtes de listes rivalisent toutes et tous de volontarisme et de promesses de changement. Mais lorsqu’on leur demande avec qui ils mettront ces beaux programmes en pratique, les réponses se font nettement plus évasives.

Avec notre habitude du scrutin majoritaire à deux tours, les campagnes européennes, en France, prennent trop souvent les allures d’une campagne présidentielle ou législative. Une tendance encore accentuée par la présence sur nos écrans de débats entre chefs de partis, à la place des têtes de listes reléguées au deuxième rang. On en a retenu, entr'autres, la passe d’armes entre Mme Marine Le Pen et Mr Laurent Wauquiez, comme s’il s’agissait de la répétition d’un possible duel de second tour en 2022.

Pour éviter cette confusion, peut-être faudrait-il passer carrément à des listes vraiment européennes, avec des candidats d’une même famille politique, mais issus de plusieurs pays ? Entendre alors nos représentants français débattre à la télévision de leurs projets européens avec des responsables allemands, italiens, espagnols, etc.… Un jour peut-être....

En attendant cette nouvelle étape, les électeurs français doivent bien comprendre que l’Union Européenne n’est pas une France à 28, qu’aucun des élus que nous allons envoyer dimanche à Strasbourg et/ou à Bruxelles ne siégera comme à notre Assemblée Nationale, au bord de la Seine, dans un groupe majoritaire : il leur faudra rechercher des alliances, qu’ils soient sur les bancs de la droite européenne (PPE), des socialistes et démocrates, des verts, des libéraux et des centristes, de la "gauche unitaire européenne" ou encore des souverainistes, aujourd’hui éclatés en plusieurs familles.

La taxe carbone aux frontières, la réforme de Schengen, l’harmonisation fiscale, le SMIC européen sans parler du RIC ? Plus facile à voir et dire à Paris, qu’à pouvoir voter à Bruxelles.... faute d'un très large consensus européen.

En France, on se trompe d'élection, une fois de plus, en mettant en exergue des candidats franco-français opposés, comme s'il s'agissait de "présidentielles".

Cette erreur risque de stériliser l'élection elle-même.

19 mai 2019

LES PATRIOTES EN CARTON-PÂTE

TRIBUNE LIBRE

de  Jean-Michel BRETONNIER

- LES "PATRIOTES" EN CARTON-PÂTE

nationalime.jpgL’étonnante affaire du Vice-Chancelier autrichien - ami étroit de pensée de Mme Le Pen - témoigne de cette étrange complaisance des nationalistes européens dits "patriotes" envers nos populations elles-mêmes, séduites par leurs beaux discours lénifiants.

Le scandale qui vient de coûter sa place au Vice-Chancelier autrichien d’extrême droite, Mr Heinz-Christian Strache, est un événement électoral considérable, ce à la veille des européennes. Mais il est aussi le révélateur d’une menace politique étrangère qui pèse sur l’Europe.

Dans des manifestations spontanées, les Autrichiens ont dit aussitôt leur écœurement : devant les faits probants de la collusion de son partenaire de droite avec la Russie, Mr Kurz, 1er Chancelier autrichien au visage sympathiquement poupin, a été contraint de rompre sa coalition créée en Décembre 2017 et de convoquer de nouvelles élections générales.

Sans doute ses partenaires de circonstance qui s'étaient rapprochés de lui étaient-ils déjà des adversaires d’une extrême droite au pouvoir. Mais certains de leurs électeurs hésiteront probablement à apporter, cette fois-ci et devant la brutalité des faits, leur voix à des candidats du FPÖ, le parti que présidait ce numéro 2 du gouvernement, lequel a été pris les doigts dans le pot de confiture.

Il faut dire que l’Autrichien pur sucre, le nationaliste impeccable, ce pourfendeur des corrompus, a fait très fort : au mépris de toute morale individuelle, de tout devoir envers son pays, il était prêt, pour qu’on l’aide à conquérir le pouvoir, à apporter sur un plateau, à un ressortissant russe, de juteux marchés et même un important journal populaire. Ce "patriote" - qualificatif qu'affectionne particulièrement Mme Le Pen - auto-convaincu de lui-même ne voyait aucun inconvénient, bien au contraire, à ce qu’un oligarque étranger intervienne dans les affaires intérieures de son pays.

Ces ennemis de la construction européenne, au nom de la "souveraineté nationale", sont le plus souvent de grands admirateurs des hommes forts, la plupart étrangers de préférence à l’Europe : ils ont un problème avec cette démocratie qui avance difficilement, prudemment, de débat en débat, et de crise en crise. Ils n'ont de faible que pour les régimes autoritaires, plus rudimentaires.

Les uns rêvent d'un Trump, les autres d'un Poutine. Or, il se trouve que le Président US déteste l’idée même d’une union d’États européens et fait tout pour la disloquer, et que le Président russe voudrait voir cette Union morte et enterrée pour être plus libre et y imposer ses intérêts.

Nos nationaux-populistes actuels ont en commun, avec ceux de l’avant-guerre de triste souvenir, cette étonnante capacité de se tromper d’adversaire : plutôt Moscou que Bruxelles, plutôt Trump que Merkel.

L'Histoire nous a appris la suite, pour qui ne veut pas l'ignorer.

À bon entendeur, salut !

05 mai 2019

TROP DE CANDIDATS : MOINS D'ÉLECTEURS ?

TRIBUNE LIBRE

"TROP DE CANDIDATS : MOINS D'ÉLECTEURS ?"

par  Jean-Michel BRETONNIER

candidats.jpgLes élections européennes offrent une possibilité de tribune aux ambitions politiques les plus diverses, lesquelles ont tendance, hélas, à se multiplier. 

Trente-trois listes - rien que çà ! - vont se disputer les 79 sièges français au futur Parlement Européen.

La campagne électorale n’a pas encore démarré, mais on on se demande si elle débutera un jour : seuls les candidats ne manquent pas, mais quant à leurs programmes, quels sont-ils ?

Rien que pour les "Gilets Jaunes", on compte trois listes différentes, avec autant de programmes qui ne le sont pas moins. À l’extrême droite, dans une tradition bien établie, chacun veut être "LE chef", et chacun part sous ses propres couleurs. Arriveront-elles toutes à placer leurs bulletins dans les bureaux de vote ? On peut en douter. À gauche, on sait que la diversité de l’offre politique est inversement proportionnelle, comme l'on sait, à son efficacité : eux, de ce côté-là, ne changent pas.

Cette multiplication des listes vient démontrer magistralement la fin des grands et des traditionnels clivages politiques, décrite par les observateurs ces dernières années. Aucun courant de pensée ne semble assez fort aujourd’hui pour fédérer un grand nombre d’électeurs derrière sa traduction politique. De plus, en se déployant jusqu’à la caricature, cette offre électorale, pléthorique à souhait, ne fait que dissuader le citoyen de s’y intéresser. Son éloignement de la chose publique est ainsi justifié par la division et l’égocentrisme des acteurs eux-mêmes.

En fait, plus on compte de candidats, moins, vraisemblablement, on votera. Et plus les propositions électorales se divisent en sous-chapelles, plus nombreux seront les partisans de la reconnaissance du vote blanc. Même s'il y a une infinité de bulletins, il en manquera toujours un : sans doute celui-là qui exprimerait plus complètement, plus parfaitement, le choix politique individuel du citoyen, et au moment précis de son vote : mais on sait que cela n’existera jamais.

On est loin, très loin même, du choix enthousiaste pour un candidat représentant une espérance commune, ou très loin aussi du choix raisonnable pour un candidat le moins éloigné de ses propres aspirations.

J'imagine l'électeur se présentant dans un bureau de vote et devant faire face à la forêt insondable des 33 piles de candidats différents qui lui seront proposés sur une longue table, mais dont l'immense majorité lui est totalement inconnue, tout comme ce qu'ils proposent : on comprend mieux alors le motif de ceux qui seront tentés par l'abstention, fusse-t-elle toujours regrettable.

Ainsi l'on tue, sans le savoir, la démocratie.

11 avril 2019

ISRAËL : LES APPRENTIS SORCIERS

TRIBUNE LIBRE

"ISRAËL : LES APPRENTIS SORCIERS"

par  Jean-Michel BRETONNIER

israël.jpgLe Premier ministre israélien sortant - Benjamin Nétanyahu - a renforcé son pouvoir,  Tant à l’intérieur du pays comme qu'à l’extérieur, en niant avec plus de force le fait palestinien

Il est étonnant, et même inquiétant, de voir se généraliser, sous toutes les latitudes, les mêmes recettes politiques, à base de grosses ficelles, dans la conquête du pouvoir et dans son exercice.

La campagne pré-électorale en Israël a été marquée, selon les observateurs, par la brutalité des échanges autant que par leur indigence.

Le favori, le Premier ministre sortant, a choisi l’outrance, le cynisme et la radicalisation politique comme stratégie. Afin de faire oublier ses casseroles judiciaires (corruption, fraude et abus de confiance), il a refusé les contacts avec les journalistes, il a fait campagne sur les réseaux sociaux en se mettant avantageusement en scène et a même promis une politique d’annexions des territoires palestiniens illégalement occupés par ses troupes ! Un véritable déni de droit !

Bref, tout comme Trump aux États-Unis, il a joué avec les limites des codes de la démocratie : débat contradictoire, respect des contre-pouvoirs, modération. Il a renforcé ainsi les rangs de plus en plus peuplés des dirigeants autoritaires, ou nationalistes, ou populistes, ou les trois à la fois.

Israël se donne l'image d'une démocratie dans une région où celles-ci y sont rares. Mais quelle démocratie est-ce que ces alliances avec des partis groupusculaires pour ne constituer que de fragiles alliances partisanes et de défense d'intérêts privés ou de principes religieux éculés ?

Les alliés du gouvernement sortant étaient de plus en plus interlopes. C’est l’extrémiste Bolsonaro au Brésil, c'est aussi le nationaliste Modi en Inde, c'est encore l’illibéral Orban en Hongrie ou l’autocrate Poutine en Russie. Personne ne peut reprocher au dirigeant israélien d’avoir cherché, et trouvé, des alliances. Sauf si ses nouveaux amis ne l’aident qu’à nier l’existence même du fait palestinien.

Quand le populiste d'extrême-droite Benjamin Nétanyahu promet l’annexion de territoires palestiniens en Cisjordanie, ruinant les déjà très minces espoirs de paix, il ajoute la provocation à la démagogie.

Le cercle des apprentis sorciers, dont Nétanayahu n'est que l'un des échantillons, ne cesse de s’élargir. C'est un dramatique danger pour la paix dans le monde. Y compris la paix chez nous, sur la rive méditerranéenne dont il est un puissant voisin d'influence.

02 avril 2019

GRAND DÉBAT : PAR OÙ LA SORTIE ?

TRIBUNE LIBRE

"GRAND DÉBAT : PAR OÙ LA SORTIE ?"

par  Hervé FAVRE

politique,mouvement démocrateEmmanuel Macron se déplace en Bretagne et en Corse cette semaine pour conclure son marathon avec les élus locaux.

Le Président effectue cette semaine ses deux derniers déplacements dans le cadre du grand débat national, à la rencontre des maires, demain, dans les Côtes-d’Armor et jeudi en Corse du Sud, où la météo risque d’être plus agitée… Cette semaine aussi, à partir de cet après-midi, l’Assemblée Nationale, puis le Sénat, se saisissent des quatre thèmes fixés par Emmanuel Macron à l’ouverture de cette longue séquence.

Les députés de l’opposition, furieux d’avoir été privés de temps de parole lors des rencontres marathon du Président avec les élus locaux, au point pour certains de laisser leurs chaises vides comme vendredi à l’Élysée au déjeuner « Hauts-de-France », vont pouvoir se rattraper. Avec à la clé leurs propres cahiers de propositions qui s’ajouteront à la montagne de contributions en cours de synthèse.

Vous avez hâte de connaître la sortie ? Il va vous falloir encore un peu de patience.

Dans son premier compte rendu du Conseil des Ministres en tant que nouvelle porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye n’a pas beaucoup éclairé l’agenda de sortie du grand débat. « Tout est sur la table et rien n’est décidé »… Même pas le principe d’une intervention d’Emmanuel Macron à la mi-avril pour dire ce qu’il retiendra concrètement de ce grand « remue-méninges ».

En revanche, le Premier ministre devrait s’exprimer mardi prochain devant l’Assemblée Nationale au lendemain de la publication de la synthèse des contributions.

Si Emmanuel Macron veut répondre à la colère sur le pouvoir d’achat, après les mesures annoncées en décembre pour les salariés au Smic, il devra cette fois s’adresser aux retraités les plus modestes. Vendredi, devant les élus nordistes, il a reconnu pour la première fois qu’il lui faudra « apporter une réponse à ce sujet ».

S’il veut répondre à la grogne des élus, toutes collectivités confondues, il ne pourra pas faire l’économie d’un nouvel acte de décentralisation. Et pas seulement en Corse.

17 mars 2019

LA VIOLENCE FACE À L'IMPUISSANCE DU POUVOIR

TRIBUNE LIBRE

LA VIOLENCE FACE À L'IMPUISSANCE DU POUVOIR

par Jean-Michel BRETONNIER

GJ.jpgPlusieurs jours après, les violences de samedi à Paris apparaissaient encore plus insupportables, et leur déroulement plus incompréhensible.

Il est temps, plus que temps, pour le chef de l’État, que son gouvernement mette fin aux violences du samedi. Sinon, les "black blocs" finiront par prendre un abonnement SNCF hebdomadaire pour Paris, suivis par des Gilets Jaunes fascinés eux, irrésistiblement, par ces silhouettes noires qui les initient à l’émeute urbaine.

Les attaques contre les membres des forces de l’ordre, les incendies aux rez-de-chaussée d’immeubles haussmanniens finiront par tuer.

Dans le brouillard moral où nous sommes, on se demande si la responsabilité de ces homicides ne sera pas, "in fine", attribuée au pouvoir plutôt qu’aux incendiaires.

À travers les reportages, comme sur les réseaux sociaux, on constate une justification de la violence de la part des militants autonomes, mais aussi de français à la vie jusqu’ici bien rangée, qui ont désormais intégré les raccourcis intellectuels de l’extrême gauche. Les dégradations ne seraient que "matérielles", tandis que les souffrances sociales, elles, seraient "humaines". La violence économique légitimerait donc toutes les exactions, surtout contre les "symboles" du pouvoir. Il n’y a plus de citoyens responsables collectivement d’un bien commun (forcément imparfait), mais des victimes d’une injustice institutionnalisée. Et les victimes, par définition, auraient tous les droits.

Plus le chef de l’État et le gouvernement paraissent impuissants à empêcher ces destructions systématiques, plus ils les banalisent et encouragent les professionnels de l’émeute et les amateurs fraîchement ralliés. Or, les dommages aux biens, qui affectent des vies d’ores et déjà, manquent rarement de se transformer tôt ou tard en violences contre les personnes. C’est la paix civile qui est menacée.

La première mission d’un État est de protéger les personnes et des biens.

Samedi dernier, une fois de plus, cette protection ne fut pas assurée. Il est temps et impératif qu'elle le soit désormais.

15 mars 2019

LES FAUX COMPTES DE Mme LE PEN

LES FAUX COMPTES de Mme LE PEN

Politique,Mouvement DémocrateInvitée de "L’Émission Politique" sur France 2, ce dernier jeudi, Mme Marine Le Pen, Présidente du Rassemblement National, en a profité pour réitérer de fausses affirmations. C'est, chez elle, décidément récurent.

Quelques exemples :

Sur le traité d’Aix-la-Chapelle.

Questionnée sur ses affirmations, Marine Le Pen a redit que le texte prévoyait le "partage du siège permanent de la France" au Conseil de sécurité de l’ONU avec l’Allemagne. Le texte de ce traité est précis et il n’y est pas question, dans celui-ci, de modifier, de quelque façon que ce soit, le siège permanent de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU. Par contre, il  y est suggéré simplement que l’Allemagne, de son côté, en obtienne également un, ce qui est bien différent et ne dépend pas du traité par lui-même. Mme Le Pen a menti.

Sur le "migrant fraîchement débarqué".

Selon Mme Le Pen, "le migrant toucherait davantage qu’un modeste retraité". Interpellée sur cette affirmation réitérée par elle depuis plusieurs semaines, Mme Le Pen, en guise de réponse et comme pour se défausser de cette question embarassante, s’en est prise..... aux médias ! Et d'ensuite proposer un curieux calcul incluant • ET "le logement" (à hauteur de 480 €) • ET "la gratuité des soins" (à hauteur de 250 €) • ET "l’allocation" (à hauteur de 204 €), pour un total de "934 € par mois". Ce qui, pour les migrants, serait supérieur aux 868 € mensuels de l’allocation de solidarité attribuée aux personnes âgées (ASPA).
Mais, pour parer ce calcul mensonger, Mme Le Pen surévalue d'abord ce que peuvent toucher les migrants, et sous-évalue ensuite ce que peuvent toucher les retraités :
"côté migrants", Mme Le Pen prend le cas des "demandeurs d’asile" (ceux-ci ne représentent que moins de la moitié des migrants, soit ±122.000 demandes d’asile, en 2018, sur le total des ±255.000 délivrances de titres de séjour). Mme Le Pen additionne ensuite "l’allocation pour demandeur d’asile" (ADA) avec le fait d’être accueilli dans un "centre d’accueil" (qui, rappelons-le, est loin d’être un logement traditionnel) et, ensuite, les éventuels "soins médicaux" pris en charge. Le tout, réuni, ne peut constituer d'aucune manière, un "revenu".
"côté retraités", outre l’ASPA, ceux-ci peuvent aussi, de fait, avoir droit aux "soins gratuits" et, en plus, toucher les "allocations pour le logement" (à raison de ±250 € par mois). Le tout fait bien plus que ce que peut toucher un "demandeur d’asile", même si cela reste évidemment bien peu. Le calcul de Mme Le Pen est donc mensonger.

Sur le montant du Smic.

Mme Le Pen estime qu'il est, en France, de 36 € l'heure. En réalité, il est de 10,03 €. Décidément, Mme Le Pen a des problèmes avec la vérité des chiffres.

On se souvient déjà des grossières approximations de Mme Le Pen lors du débat de l'entre-deux tours des présidentielles de 2017. Mme Le Pen n'a pas beaucoup changé depuis dans ses estimations.

Espérons que les français, et les françaises, seront assez lucides pour forger leur jugement sur ce type de personnage, ses recettes illusoires "passe-partout", truffées de comptes spécieux.

François VAN DE VILLE, Secrétaire Général du MoDem du Gard

23 février 2019

VOUS SEREZ TOUS MORTS EN 2050, PAS NOUS

TRIBUNE LIBRE

"VOUS SEREZ TOUS MORTS EN 2050, PAS NOUS"

par Jean-Michel BRETONNIER

cata.climat.jpgCertains jeunes, même s'ils sont encore trop rares, savent bien que, si rien ne change, ils seront contemporains de la catastrophe climatique. Ce n’est plus du tout, pour eux, ni une hypothétique, ni une lointaine menace.

En Suède, en Allemagne, en Belgique, en Grande-Bretagne, en Suisse, au Japon, des jeunes sèchent les cours et manifestent contre le dérèglement climatique. Le mouvement doit s’étendre aux États-Unis, à l’Australie, à l’Ouganda. Vendredi, la jeune passionaria du climat, Greta Thunberg, qui lança ce mouvement d'alerte, était en France pour la manifestation parisienne.

Celle-ci a été reçue par le chef de l’État. Les adolescents et adolescentes, ou ces jeunes adultes, reprochent aujourd'hui aux gouvernements leur inaction. Mais pas à eux seulement.

Les plus âgés en prennent pour leur grade. "Vous serez morts en 2050, pas nous". Difficile d’être plus clair. Avec l’impatiente autorité de la jeunesse, ils reprochent à leurs aînés de laisser se dégrader une situation climatique pour la (mauvaise) raison qu’ils n’en souffriront pas eux-mêmes.

Autrement dit, les parents et grands-parents d’aujourd’hui seraient indifférents à l’état du monde qu’ils laisseront à leurs enfants et petits-enfants. Un jugement qu’on peut considérer péremptoire. Mais pour qui est convaincu de la catastrophe à venir, si l’on ne fait rien, l’inaction est plus qu’une faute : c’est un crime.

C’est la première fois, depuis sa naissance, que l’humanité met ainsi en péril son existence par sa propre activité. Elle y pense..., et puis elle oublie aussitôt ! C’est si loin encore, et c’est si vertigineux de devoir tout changer, ou presque, pour éviter une catastrophe qui n’est encore qu’une menace, quoique bien réelle.

La jeune génération, elle, sait bien qu’elle sera contemporaine de cet effondrement si les températures continuent de s’élever et la biodiversité de se réduire. Il faut que l’arme se rapproche de sa propre tempe, et de très près, pour que la peur déclenche, enfin, et réveille une réelle prise de conscience.

Et encore, pas chez tous en France, quoique celle-ci soit réellement menacée à terme prévisible dans ses contours actuels et ce jusqu'au sein de nos villes et campagnes environnantes.

Les rangs de ces jeunes manifestants sont, hélas, encore trop clairsemés. Mais la mobilisation de l’opinion mondiale, elle, sera cruciale ; mais elle aussi, hélas, n’est pas encore totalement acquise.

Seuls nos jeunes, parfaitement informés - il en est temps encore - de ce funeste destin dont ils seront inévitablement frappés, pourront peser pour alléger le poids de cette catastrophe annoncée.

Il est grand temps de bouger dans notre conscience collective.

14 février 2019

JUPPÉ : LA FIN D'UNE ÉPOQUE

TRIBUNE LIBRE

"JUPPÉ : LA FIN D'UNE ÉPOQUE"

par Jean-Michel BRETONNIER

juppe.jpgLa politique, si décriée, pourrait ne plus attirer "les meilleurs d’entre nous". Les poujadistes et démagogues auraient-ils enfin raison ?
 
On peut être "droit dans ses bottes" et très émotif. Il est même possible que les deux traits de caractère soient liés. Alain Juppé est longtemps passé pour une machine intellectuelle brillante, mais froide. Le Premier Ministre qu’il fut avait un peu de mal à penser qu’il pût se tromper. Y compris quand ses décisions sur les retraites et la sécurité sociale avaient provoqué la colère des syndicats, soutenus par l’opinion. Les Français et la classe politique lui firent payer cher ce grand tort d’avoir eu raison trop tôt.

Jusqu’à ce qu’il ressuscite d’entre les morts politiques et qu’il devienne l’archi-favori de la dernière présidentielle. Mais, considéré comme "trop dur" en 1995, il fut jugé "trop mou" par les sympathisants des Républicains lors de la primaire de la droite en 2016. Il faut dire qu’en vingt ans, la procrastination des gouvernements successifs avait créé une situation économique marquée par une faible croissance et de lourds déficits, et une situation sociale tendue par un chômage de masse. Avec, pour résultat, une crise politique et culturelle.

Pour Alain Juppé, abandonner Bordeaux est "un crève-cœur". Le lien affectif que lui refusèrent longtemps les Français, les Bordelais l’avaient noué. Il avait redonné un élan à cette ville et il avait, dit-il, "encore plein de projets". Parce qu’il arrive à ces politiques - qu’il est de bon ton aujourd'hui de haïr ou de mépriser - d’être des hommes ou des femmes de conviction et de tempérament. Quand ils sont du calibre d’Alain Juppé, leur action et leur style profitent de ce rare et précieux mélange entre enthousiasme et lucidité.

Alain Juppé quitte la politique en évoquant "un esprit public devenu délétère". Lui qui affectionnait Bordeaux, sa ville, pierre par pierre pour l'avoir transformée en profondeur, le saccage dont elle fait, semaines après semaines à l'occasion des manifestations des "gilets jaunes", l'a profondément blessé dans sa chair.

Il faut craindre que cette déliquescence du monde, accentuée plus vivement depuis peu de mois, qu'elle soit politique ou sociétale, ne finisse par dissuader "les meilleurs d’entre nous" de s’engager désormais dans l’action publique.

Et il n'y a pas qu'à Bordeaux que cette déliquescence générale pousse "les meilleurs" à ne plus se préoccuper désormais du bien public et laisser les "nouveaux prophètes du moment" à leurs jeux pour un avenir plus qu'incertain.

10 février 2019

LE CONFLIT, JUSQUE QUAND ?

"LE CONFLIT, JUSQUE QUAND ?"

violences.jpgLes Français se sont, maintenant et étrangement, habitués aux manifestations du samedi, d'une part aux violences elles-mêmes qu'elles génèrent bien malgré leurs organisateurs, mais aussi d'autre part aux outrances des porte-paroles des GJ (gilets jaunes).
 
Même si les GJ ne se confondent pas tous avec les "casseurs", force est de constater qu'ils ne renoncent pas pour autant à leurs sempiternels cortèges du samedi, bien qu’ils savent pertinemment que les autres "casseurs" seront inévitablement présents à leurs côtés et qu’ils casseront. Quoiqu'on en dise, faire perdurer une telle situation en pleine connaissance de ces inévitables déchaînements violents, c'est participer de fait à cette "casse".

Certes, les "derniers GJ", devenus aujourd'hui très clairsemés, sont plus acharnés que ne le furent leur prédécesseurs, lesquels étaient de surcroît autrement plus nombreux. Mais ce constat ne suffit pas à rassurer : si le soutien de l’opinion au mouvement a nettement régressé en raison de ses outrances, il reste à un niveau encore élevé sur ses motivations d'origine, malgré ses bégaiements, ses contradictions, ses divisions internes qui se multiplient - parfois "physiquement" - entre tendances opposées, et ce malgré les mesures déjà fort coûteuses en cours d'application, comme le "grand débat" qui entraîne déjà des centaines de milliers de contributions à travers tout le pays.

Si l'on cherche les raisons de cette apparente sympathie, on constate que sa persistance tient essentiellement aux racines réelles et profondes de ce mouvement, c'est-à-dire à une société où réside une population qui se sent négligée et oubliée : sa situation économique et sociale a, de façon incontestable, beaucoup stagné, voire peut-être apparemment diminué, depuis de nombreuses années, alors que le sentiment s'est parallèlement aussi développé que les plus "aisés" semblaient, eux, être "épargnés". Cependant, un examen attentif démontre que ceux-ci (les plus "aisés") contribuent aussi largement à l’effort fiscal exigé et à la redistribution sociale : en effet 10% de cette population paye maintenant l'IRPP (Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques) à hauteur de 70% de la contribution nationale totale.

Mais, hélas, aucun parti politique, aucun syndicat, aucun candidat en passe de gouverner n’a pourtant pris à temps la mesure de ce sentiment de frustration des Français. C’est donc une colère impuissante, impuissante parce que celle-ci est et reste sans aucun débouché envisageable à très court terme, et tout débouché déterminant exigera de longs mois pour en cueillir les fruits.

La conséquence de cette attente, malgré les premiers signes perçus récemment, est que tout un pays s’installe dans un conflit qui perdure et dont nul n'en voit la fin.

Le drame est aussi qu’une large proportion de Français s’habitue à un certain simplisme des problèmes et s'imagine que ces problèmes peuvent être résolus comme par un coup de baguette magique.  La population s'habitue - et c'est aussi un autre drame - à l’outrance des slogans et, désormais, aux seuls rapports de force. Cette radicalisation ne peut profiter qu’à des formations qui réduisent la politique à des solutions miracles fondées sur des analyses bâclées et nourries de préjugés stériles.

Pourtant, parallèlement et curieusement, on apprend qu'un tout récent sondage de l'opinion (IFOP) révèle que si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, Marine Le Pen ne recueillerait que 44 % des suffrages exprimés au second tour (soit 10 points seulement de mieux qu'il y a deux ans), face à un Emmanuel Macron qui, lui, emporterait largement cette élection avec plus des 50% nécessaires.

Ceci révèle donc que le mouvement des GJ est devenu porté, face à l'opinion, surtout par les violences qui accompagnent ses cortèges hebdomadaires, violences qui terrorisent les populations et impactent les activités de toutes natures. Mais ce mouvement est largement moins porté de fait par son poids réel, c'est-dire ne représentant que moins de 1% de la totalité de la population française. Et ses divisions internes qui se lèvent d'un peu partout ne font que diminuer encore cette situation de faiblesse.

Dommage pour les GJ pionniers de ce mouvement au début bien sympathiques, qui manifestaient alors avec des revendications autrement plus réalistes et de simple bon sens. Mais les choses ont bien changé depuis.

François VAN DE VILLE, Secrétaire Général du MoDem du Gard