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28 janvier 2020

OÙ JUGER LES JIHADISTES FRANÇAIS ?

TRIBUNE LIBRE

"OÙ JUGER LES JIHADISTES FRANÇAIS ?"

par  Julien LÉCUYER

jihadistes.jpg- En évoquant à nouveau le rapatriement des prisonniers en Syrie et en Irak, Nicole Belloubet vient de rouvrir un dossier qu'apparemment l’État peine à traiter.

Des enfants prisonniers de grands camps, des combattants jihadistes laissés au bon vouloir d’un système judiciaire irakien déliquescent, le pataquès gouvernemental de nombre de ces pays ravagés, même après dix mois de la chute de Baghouz qui a sonné le glas de l’État islamique en Syrie, la France se révèle incapable d’agir avec cohérence sur la question des jihadistes et de leurs familles.

En 2019, 371 enfants sont morts dans le camp d’Al-Hol, dans le nord-est syrien. Combien de Français parmi eux ? Le temps presse pour en sauver d'autres et l’ONU a, de nouveau, tiré la sonnette d’alarme. Et si le consensus prévaut sur la question des mineurs, la confusion est totale sur celle des prisonniers majeurs. La doctrine de l’exécutif est - ou était ? - de les judiciariser sur place. Du moins le croyait-on….

Mais la Ministre de la Justice, Mme Nicole Belloubet, a semé le trouble en déclarant récemment que s’ils ne pouvaient pas être jugés en Irak, elle ne voyait pas d’autre solution que de les rapatrier en France. Une expression toutefois conforme à ce qu’elle avait déjà exprimé le 31 janvier 2019.

Aussitôt démentie par le gouvernement, la prise de parole de la Garde des Sceaux n’en était pas moins aussi fidèle à l’analyse de spécialistes tels que David De Pas, coordinateur des juges anti-terroristes, et l’ancien patron de la DGSI, Patrick Calvar, qui jugeaient le rapatriement en France nécessaire pour d’évidentes raisons de sécurité.

Le refus de la France à ces rapatriements est donc d’autant plus étrange que le gouvernement se targue d’avoir mis en place une chaîne pénale qui permet d’inculper les ressortissants ayant séjourné au Levant : des quartiers d’isolement ont en effet été créés, le renseignement pénitentiaire a été étoffé. Alors quoi ?

Alors cette belle mécanique s’enraye au regard d’un autre chiffre transgressif : 82%. C'est le pourcentage de Français qui approuvent le jugement des jihadistes en Irak, et le rejette hors de France. Et le risque zéro n’existant pas, le gouvernement fait le calcul qu’un "trou dans la raquette" sera toujours plus pardonnable s’il est constaté à Bagdad plutôt qu’à Paris.

Donc imbroglio gouvernemental à hauts risques. Comment sortira-t-on de ce débat éminemment épineux ?

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