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23 février 2021

ISLAMO-GAUCHISME : la polémique

TRIBUNE LIBRE

de Jean-Michel BRETONNIER

et François VAN DE VILLE

politique,faits de société- Au-delà du sujet lui-même, particulièrement mal posé tel qu'on le présente actuellement, il reste que nous avons le droit de savoir quel type de société prépare les enseignements universitaires.

Pourtant, ce n’est pas parce qu’une polémique est mal emmanchée - ce qui est souvent le cas - qu’elle ne révèle pas l’existence d’un sujet digne d’intérêt. Il existe bien une convergence, dans notre société (donc aussi à l’université !) entre des idéologies de gauche radicale et certains courants de pensée islamistes. D’où la notion d’islamo-gauchisme.

Au-delà de ce phénomène se développent, dans les cours et les colloques universitaires, de nombreuses études autour du genre, de la "race" et/ou des classes sociales. Les sujets méritent donc qu’on s’y penche, évidemment. Le tout étant de savoir comment et dans quel but.

C’est ce que proposent un certain nombre d’universitaires dans une tribune adressée au journal "Le Monde" : ils demandent que le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) apprécie la qualité des productions universitaires. Il se trouve aussi qu’une partie de cette offre, en s’exonérant des disciplines d’enseignement éprouvées et en se raccrochant au genre des "studies" (d’origine américaine) s’expose aux marottes, aux outrances, voire aux ridicules d’un militantisme à prétention scientifique.

L’étude de cet organisme aurait également l’immense intérêt de mesurer l’étendue des dégâts. Entre ceux qui nient tout problème – soit qu’ils en sont partie prenante, soit qu’ils ont un intérêt politique à le faire – et ceux qui considèrent que l’université est tout entière gangrenée par le phénomène, il serait bon d’en connaître l’ampleur.

Les universitaires doivent, bien sûr, rester libres de choisir leurs travaux de recherche. Mais nous avons tous le droit de savoir quel avenir ils nous préparent : les idées façonnent la société.

Savoir, par exemple, si l’université devient, ou non, le théâtre d’une lutte acharnée entre tenants d’un universalisme politique et moral et/ou tenants d’un communautarisme militant.

Le débat ne fait que commencer. Mais, trop grave en soi, il ne mérite pas l'indifférence.

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