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21 août 2011

BAYROU DÉCRÈTE L'ÉTAT D'URGENCE

 

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L'hebdomadaire PARIS-MATCH consacre cette semaine une longue interview de François BAYROU à l'occasion de la sortie de son livre "2012 ETAT D'URGENCE".

 

 

Un large développement des grandes lignes de cet ouvrage qui ouvre l'ère des élections fe 2012.

19 août 2011

BAYROU : "IL FAUT UN CHOC"

mouvement démocrate,bayrou,politiqueÀ l'occasion de la sortie, ce 18 Août, de son livre "2012 état de choc", François BAYROU a accordé une longue interview intitulée "Il faut un choc", interview parue dans l'hebdomadaire "L'EXPRESS" en date du 17 Août.

 

 

Cette interview reprend une grande partie des thèmes et des réponses figurant dans cet ouvrage qui devait paraître le lendemain.

 

 

À lire.

07 mai 2011

UNE INTERVIEW de François BAYROU au FIGARO MAGAZINE

François BAYROU fait le point, sur LE FIGARO MAGAZINE de ce 6 Mai sur tous les sujets de l'actualité de ce début de mois.

 

À lire absolument.

04 février 2011

CES ARBRES QU'ON ABAT....

 

UDF,Mouvement Démocrate,Bayrou,PolitiqueL’abattage d’arbres, pour beaucoup centenaires, qui bordaient les boulevards de Nîmes est, pour les nîmois, un véritable crève-cœur. Seul le temps leur avait donné cette élégance de forme, avec leurs branches longuement torturées, qui distribuaient généreusement l’ombre, ombre si nécessaire sous le climat brutal d’un soleil souvent impitoyable. Ils donnaient tout leur charme à nos avenues. Ils étaient leur identité. L’identité de la Provence toute proche.
 
Et voilà qu’un projet de voie nouvelle, pour y faire place à une ligne supplémentaire d’autobus qui sillonneront désormais ces avenues à travers cet insolent désert minéral, sert de prétexte à cet abattage massif, livrant désormais à la vue de tous des façades nues, affadies par le temps. Les nîmois ne se reconnaissent plus dans ce monde-là. Ils ont perdu leurs boulevards pour des décennies. Et ce n’est pas la replantation promise de jeunes arbres qui leur rendra avant très longtemps tout le charme et l’élégance de ces avenues où ils aimaient flâner sous les ombrages. Et quant au prétexte que ces arbres qu’on abat aujourd’hui étaient, pour la plupart, “malades” - de leur âge, peut-être ? - et promis à terme - quand ? - à leur propre destruction, qui peut le croire sérieusement ?
 
Nous comprenons cet émoi. Et surtout pour un projet de transport à l’objet gravement contesté par beaucoup quant à l’utilité de son tracé, et aussi la pollution semée par sa motorisation.
 
Les nîmois pleurent le Nîmes qu’ils aimaient. Plusieurs générations seront nécessaires pour retrouver un peu du charme de ces avenues qu’on défigure.

 

Brassens avait pourtant bien chanté “son” arbre où “il vivait heureux”. Brassens est bien mort, avec son rêve de bonheur.

23 août 2010

IL EST GRAVE ET DANGEREUX....

François BAYROU : "Il est grave et dangereux de prendre pour cible à grand spectacle une communauté toute entière"

 

François Bayrou a réagi ce lundi sur les expulsions de Roms par le gouvernement en affirmant que "prendre pour cible, à grand spectacle, une communauté tout entière, ultra minoritaire, pour plaire à une partie de l'opinion, c'est grave et dangereux".

Il a également ajouté que "fonder ce ciblage sur l'origine, sans distinction de comportement individuel, c'est contraire à nos principes" et que c'est "lourd de conséquences symboliques, même si, comme c'est le cas, les actes effectifs de refoulement sont limités".

Concernant l'intervention du pape Benoît XVI contre ces expulsions, François Bayrou rappelle que la France est "un pays laïc", ce qui "signifie qu'aucun magistère religieux n'a une quelconque autorité sur la République", ajoutant néanmoins que "la République a ses valeurs fondamentales : le respect du droit, et les droits de l'homme font partie de ce bloc de valeurs républicaines qui sont communes, en réalité, à tous les humanismes". "La déclaration du pape, en français, est une défense de ces valeurs. Ce n'est pas un rappel politique, c'est un rappel de valeurs", a-t-il ainsi estimé.

 

François Bayrou a encore affirmé "qu'il faut mesurer ce que cela coûte à l'image de la France dans le monde, lorsque les grands journaux internationaux, l'Union européenne, les responsables spirituels expriment le même sentiment de réprobation".

"Tout cela est lourd pour notre pays", a-t-il conclu.

23 juillet 2010

"LA LOI DOIT ÊTRE APPLIQUÉE ET RESPECTÉE....

....EN ÉVITANT LES DÉCLARATIONS SENSATIONNELLES"

 

François BAYROU était ce jeudi 22 Juillet l'invité de France-Inter.

 

Interrogé sur les "affaires" (fort nombreuses) qui défraient actuellement les chroniques, et échappant très habiilement aux "questions-pièges" des journalistes, il a brossé un ensemble de réponses qui ressituent les problèmes sur le fond et ont bien cadré la position du Mouvement Démocrate. au moment où les français s'interrogent tous.

 

Le vrai centrisme !

24 juin 2010

RETRAITES : "Si on ne redonne pas du travail...."

François Bayrou : "Si on ne redonne pas du travail aux plus de 55 ans et aux moins de 30 ans, on n'aura aucune chance de rééquilibrer les retraites"

 

François Bayrou

François Bayrou était l'invité ce jeudi de la matinale de Sud Radio. Il a notamment répondu aux questions relatives au projet gouvernemental de réforme des retraites et sur la place du Centre dans la vie politique française.

Sud Radio : Bonjour François Bayrou, merci d'être avec nous. Mobilisations intersyndicales aujourd'hui contre le projet du gouvernement, le 16 juin vous avez pris vos distances avec cette réforme que vous ne trouvez pas équitable : si le seuil des 62 ans est acceptable, la décision concerne la modification du seuil de 65 ans porté à 67 ans ne l'est pas selon vous ?


François Bayrou : Vous avez dit ma position, je pense qu'une réforme est indispensable. Il y a deux courants : il y a ceux qui pensent qu'on peut éviter une réforme et je pense qu'on ne peux pas l'éviter quels que soient ceux qui gouvernent. Il y a deux décisions majeures : La première c'est de passer progressivement de 60 à 62 ans, ce n'est pas agréable mais acceptable.


En revanche, je trouve inacceptable qu'on touche à la retraite, à cet âge dont on parle peu de 65 ans, que l'on pouvait prendre non pas à taux plein mais bénéficiant de ses droits sans pénalité. Cela s'adresse aux Français les plus fragiles qui ont eu des carrières chaotiques et aux femmes qui ont élevé leurs enfants. Et c'est un leurre, car ils ne sont pas au travail ceux-là, il sont au chômage, ce qui veut dire que c'est un transfert de la caisse retraite à la caisse chômage.

Vous en avez parlé avec Nicolas Sarkozy ?

J’en ai parlé avec lui, je n'ai pas pu le convaincre, mais j'ai vu le président mais aussi François Fillon, ainsi que le ministre des retraites et celui qui a en charge le dossier des retraites, qui porte la réforme. Je pensais qu’ils allaient bouger. C’est un sujet dont on parle peu. Mais la CFDT en a fait son plan de bataille, il reste trois mois pour que ça change.

Vous tendez la main à tous les républicains, vous vous retrouvez dans le terme de "République solidaire" lancé par Villepin ?

On a besoin de valeurs républicaines, celles que l’on a écrites comme un peuple idéaliste au fronton de nos bâtiments. On ne peut pas dire que ce soit respecté et on a besoin d’une démocratie où les décisions se prennent auprès des citoyens. Démocrates et républicains sont les réformistes ; tous ceux qui y appartiennent ont quelque chose à faire et ils faut qu’ils réfléchissent ensemble.

Azouz Begag est pour un rapprochement avec Dominique de Villepin…

Je vois bien que les Français veulent des responsables politiques qui ne se font pas la tête, et il y a un sujet absent des retraites : comment on redonne du travail et de la production en France ? Si vous n’arrivez pas à relocaliser en France nos productions qui sont parties, vous n’avez aucune chance de rééquilibrer les retraites.

Le président est venu vous rencontrer, cette rencontre colle-t-elle avec ce que vous avez écrit sur Nicolas Sarkozy ?

Est-ce que vous connaissez l’usine de Bordes ? Je vous y invite. On ne se rend pas compte, mais c’est la plus grande usine de France et de moteurs d’hélicoptère au monde. Est-ce que cela aurait été dans son rôle de refuser de venir, parce que c’est ma circonscription ? Est ce que j’aurais été dans mon rôle en refusant de le voir par ce que je suis en confrontation ferme et parfois même virulente avec lui ? Ma certitude est que les responsables politiques doivent faire leur devoir, même s’ils sont en désaccord.


J’ai été surpris d’une chose : Les ouvriers et les cadres étaient fiers de montrer leur cathédrale industrielle. On doit s’effacer quand il y a des fiertés nationales comme celle-là. Comme vous le savez, cela fait des années que je plaide pour que les responsables politiques acceptent de parler ensemble. La crise elle est devant nous, personne ni Sarkozy, ni Aubry, ni moi n’avons la solution toute faite ! Alors, on a le devoir d’essayer ensemble de trouver les solutions novatrices et justes pour le pays.

La crise des Bleus et le président qui s’en occupe, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Dans un pays normal, le devoir politique ne s’occupe pas du foot ; le rôle de la République, ce n’est pas de se mêler de la sélection de l’équipe de football. Vous n’imaginez pas Obama se mêler de la sélection de l’équipe de basket, même si là-bas c’est un sport très populaire... Il y a cette tendance française à vouloir que ce soit le pouvoir parisien centralisé qui décide. J’espère qu’il vont trouver des responsables du foot pour gérer les réponses qui s’imposent. Cette crise-là, c’est un reflet du problème de la société française.

Eric Woerth doit-il démissionner ?

En tout cas il y a eu un problème, car le pouvoir politique doit être séparé du monde de l’argent, des grands intérêts financiers par une muraille de verre infranchissable. Ce n’est pas le cas en France. Depuis le début, je me suis inquiété de ces dérives-là, et c’est inquiétant pour la République française.

25 mai 2010

LE RETOUR de François BAYROU

Alain-Duhamel.jpgDepuis sa défaite aux élections régionales, François Bayrou avait gardé le silence. Il en est sorti ce week-end avec une importante interview au journal Le Monde.

 

(Interview d'Alain DUHAMEL sur RTL le 25 MAI 2010)

 

Je crois qu'il y a, dans cette interview, une inflexion qui est à la fois substantielle et volontairement manifeste. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, en 2007, on sait très bien que François Bayrou s'était comporté non seulement en adversaire irréductible, mais en ennemi passionnel et presque obsessionnel. Il l'avait payé cher. Il l'avait payé cher aux élections européennes - qui étaient une défaite - aux élections régionales - qui étaient une déroute - et en perdant la quasi-totalité de ses élus, et notamment de ses lieutenants politiques.

Il s'en est rendu compte. Il était difficile de le faire autrement, mais enfin c'est aussi un hyper-réaliste. Et donc, aujourd'hui, il opère ce qui est une rectification assez spectaculaire. D'une part, sur la question de la burqa, il prend une position qui est, en fait, très proche de celle de la majorité. Je ne dis pas qu'il ait forcément raison sur le fond mais, en tout cas, c'est déjà un signal politique. D'autre part, et c'est évidemment ça l'essentiel, à propos des retraites, cette fois-ci, il critique directement et vigoureusement la solution préconisée par les socialistes. Il les accuse, en fait, de "déni de réalité" et considère que ce qu'ils proposent n'a aucune chance d'être efficace et, visiblement, il est partisan de l'allongement de la durée de cotisations, de l'élévation de l'âge légal de la retraite.

Cela ne veut pas dire qu'il sera forcément d'accord avec ce que proposera exactement le gouvernement. D'abord, parce qu'on ne le sait pas encore dans les détails. Et puis, ensuite, parce qu'il se peut qu'il ait, lui, des solutions qui différent. Mais en tout cas ce qui est clair et ce qui est intéressant, c'est que, alors qu'on est entré dans une période de crise monétaire et financière spécifiquement européenne, François Bayrou, qui a une sensibilité sociale incontestable, se retrouve, en matière économique, plus proche de la majorité que de l'opposition. Et cela, c'est un changement !

François Bayrou a-t-il vraiment des chances de retrouver un poids politique plus significatif ?

Sa base de départ politique - il faut bien le dire - était étroite. Et c'est lui qui l'a rétrécie ! En revanche, intellectuellement, il est, paradoxalement, dans une très bonne situation. Parce que, s'il y a un homme politique qui, pendant la campagne présidentielle de 2007, avait insisté sur ce qu'il y avait de déraisonnable dans les déficits français et dans l'endettement public. S'il y avait quelqu'un qui, dès ce moment-là - alors que ce n'était pas populaire, en pleine campagne, et qu'il était candidat - a insisté sur la nécessité de la rigueur et d'une grande réforme fiscale, c'est François Bayrou. En ce sens, c'est lui qui avait vu à l'avance, le mieux, parmi les candidats, ce qui se passe aujourd'hui.

Maintenant, il a beaucoup décousu le centre, depuis trois ans. Et on sait bien que les centristes sont répartis entre ceux qui sont intégrés à l'UMP, ceux qui sont alliés de l'UMP, ceux qui cherchent en ce moment à s'émanciper de l'UMP. Et puis, avec ses diverticules sénatoriaux à peu près incompréhensibles, même pour le Président du Sénat. Tout cela existe. François Bayrou sera-t-il capable de recoudre ce qu'il a décousu. On va voir si c'est le couturier français inspiré ou pas du tout.

François Bayrou propose de consulter les Français par référendum sur la révision de la constitution que préconise Nicolas Sarkozy pour introduire une règle d'or sur la réduction des déficits. Est-ce une bonne idée ?

Non. C'est théoriquement séduisant, je pense que c'est extrêmement dangereux. Dangereux parce que la question de savoir à quel rythme, avec quelle ampleur, pour combien de temps et avec quelle technique on doit réduire les déficits budgétaires, franchement, c'est un sujet tellement technique que même si les français sont exceptionnellement intelligents, je pense qu'ils devraient avoir beaucoup de mal à y répondre. D'autant plus que les plus grands économistes ne sont pas d'accord entre eux. Et puis, on sait bien que, quand on interroge les Français par référendum, ils ne répondent pas à la question mais à celui qui pose la question. Et donc, ce ne serait pas : faut-il réduire les déficits ? Mais : faut-il réduire Nicolas Sarkozy ?

22 mai 2010

L'ENTRETIEN de François BAYROU au MONDE du 23 Mai 2010

bayrou_pensif.jpgLe Monde : Approuvez-vous la proposition du Président de la République d'inscrire dans la Constitution la lutte contre les déficits ?

François Bayrou :
Inlassablement, depuis dix ans, j'ai défendu le principe d'une disposition constitutionnelle qui empêche les déficits de se creuser, du moins en période de croissance. La proposition que je défendais était d'écrire tout simplement dans la Constitution qu'à partir de l'année 2015, par exemple, les déficits de fonctionnement ne seront pas admis, sauf pour combattre ou prévenir une récession.
Pour l'investissement, les grands équipements, il est compréhensible qu'en empruntant on partage la charge avec les générations futures ; pour le fonctionnement pour les retraites, pour le remboursement des feuilles de sécu, c'est inadmissible et scandaleux. Je trouve légitime d'en faire un principe constitutionnel. Bien des critiques disent : "Vous n'avez pas le droit de lier les mains des gouvernements à venir".
Cette critique est sérieuse : je propose donc que la modification constitutionnelle soit décidée par les Français eux-mêmes, par référendum. Si des gouvernements ultérieurs estiment nécessaire de rompre avec cette règle de prudence, ils ne pourront le faire sans avoir à leur tour demandé l'accord du peuple.


Le Monde : À quoi attribuez-vous cette propension française aux déficits ?

François Bayrou : Deux choses : dans la culture française, il y a l'idée profondément ancrée que l'inflation, à un moment donné, viendra effacer l'ardoise. Et puis, nous vivons dans la frénésie du court terme. Pour exister au journal de 20 heures, chaque jour, devant chaque accident de la vie, il faut "débloquer", comme on dit, des milliards. Et en effet, on n'a pas arrêté de débloquer, à tous les sens du mot...

Le Monde : La rigueur est-elle inéluctable ?

François Bayrou : La guerre des mots autour du terme "rigueur" est ridicule. Mais il faut se mettre ceci dans la tête : nous sommes entrés dans le temps des choses sérieuses. On nous a fait vivre dans l'illusion que l'Etat pouvait répondre à toutes les demandes à partir de ressources qu'il n'avait pas. C'est fini. Et, pour moi, il est bon que notre pays ouvre les yeux devant la réalité.

Le Monde : Les Français y sont-ils prêts ?

François Bayrou : Je crois que les esprits ont beaucoup évolué. Les responsables politiques aussi. J'ai trouvé intéressant que Dominique Strauss-Kahn dise clairement que le tabou des 60 ans pour la retraite n'avait pas de sens. Mais les appareils de parti, eux, n'en sont pas là !
Lorsque le PS officiel prétend que, pour la réforme des retraites, il suffit de taxer les banques, qu'il n'y a qu'à "prendre l'argent là où il est", comme disait magnifiquement feu Georges Marchais, c'est le pire des messages politiques. cela consiste à dire au grand public : "On peut s'en tirer sans effort puisque les efforts seront pour les autres !" Ce n'est pas ainsi qu'on rebâtit un grand pays.

Le Monde : Vous pensez qu'on va vers des hausses d'impôt ?

François Bayrou : Compte tenu de l'ampleur des déficits, aucun gouvernement n'y échappera. Et lorsque le gouvernement actuel prétend le contraire, il raconte des histoires et il le sait parfaitement. C'est si vrai que le gouvernement a transmis à Bruxelles un plan de redressement qui comporte une hausse de deux points des prélèvements obligatoires ! Mais notre fiscalité est devenue de plus en plus injuste et de plus en plus labyrinthique. Pour obtenir justice, clarté et donc confiance, il faudra le courage d'une profonde réforme fiscale.

Le Monde : Comment interprétez-vous l'effervescence actuelle au centre ?

François Bayrou : Il y a au centre de la vie politique française une famille dispersée, mais réelle. Ce courant de pensée s'est séparé : une partie s'est satellisée autour du pouvoir chiraquien ou sarkozyste, une partie a choisi l'indépendance avec moi, une partie s'est installée dans l'orbite du PS. Mais les événements imposeront un jour ou l'autre que ce grand courant, avec toutes ses sensibilités, se rassemble.

Le Monde : Avec ou sans vous ?

François Bayrou : Le moment venu, je mettrai toutes mes forces au service de cette reconstruction. Mais il y a une condition, et pour moi une seule : il faut que toutes les composantes assument une vraie indépendance. C'est toujours la même histoire : pour être à la hauteur, il faut renoncer au renoncement.

Le Monde : Pourquoi avez-vous récemment rencontré Nicolas Sarkozy ?

François Bayrou : Nous sommes dans une période de crise profonde, où tout le monde cherche l'issue. Dans cette période, chaque fois que le président de la République m'invitera à le rencontrer pour parler des grands sujets, j'accepterai. Idem pour le premier ministre ou les responsables de la gauche. Et, chaque fois, sans tambour ni trompette. Responsables politiques, nous sommes collectivement responsables de la situation du pays. Je ne dis pas "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", mais "tout le monde est responsable".

Le Monde : Comment analysez-vous la crise européenne ?

François Bayrou : Je n'aime pas la mode anti-allemande actuelle. La chancelière Angela Merkel, et son ministre des finances, Wolfgang Schaüble, sont des dirigeants de grande dimension, qui prennent légitimement en compte la hantise historique de leur peuple. Nous les Français, nous aimons l'inflation et la planche à billets. Les Allemands ont perdu leur être, leur sang et leur âme dans une dérive qui a commencé par l'inflation. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend rien.

Le Monde : Pourquoi l'Europe ne parvient pas à parler d'une seule voix ?

François Bayrou : Parce qu'il n'y a pas de vision claire. Que doit être l'Europe ? Pour moi, c'est une famille d'Etats et de nations organisés dans un but commun. À l'ère des Etats-continents, ils choisissent de défendre ensemble leur modèle de société. Le jour où cette idée fondatrice sera acceptée par tous, on avancera.

Le Monde : La Commission européenne doit-elle avoir un droit de regard sur les budgets nationaux ?

François Bayrou : On présente bien le budget, avant de le voter, aux citoyens français. Pourquoi pas aux partenaires européens ? Je souhaiterais pour aller plus loin une agence européenne vraiment indépendante chargée de garantir la vérité sur les comptes des différents Etats.

Le Monde : La baisse de l'euro vous inquiète-t-elle ?

François Bayrou : Non. L'euro était surévalué. Nous nous rapprochons d'une parité convenable avec le dollar. Où est le drame ? Ce rééquilibrage a aussi des avantages.

Le Monde : La zone euro peut-elle exploser ?

François Bayrou : Je ne le crois pas. Un pays qui en sortirait verrait ses taux d'intérêt s'envoler, ses déficits exploser, et l'inflation l'envahir. Il ne trouverait plus de crédit. C'est très dissuasif. J'ajoute que l'euro protège tout le monde. Même les forts...

Le Monde : Va-t-on vers davantage d'intégration économique à la faveur de la crise ?

François Bayrou : Si on allait vers une vraie coordination et une vraie coopération, ce serait déjà un pas de géant.

Le Monde : Que faut-il faire en priorité pour assurer le financement des retraites ?

François Bayrou : Un plan en trois étapes :
• d'abord, rétablir l'équilibre financier par de nouvelles ressources et cela impose, par esprit de justice, de faire participer des revenus qui, pour l'instant, étaient à l'abri ;
• ensuite, à moyen terme, admettre que, bien sûr, le déséquilibre des retraites est un problème démographique, qu'il faut augmenter le nombre des actifs par rapport au nombre des retraités : pour cela, il faut devenir obsédés de la reconquête de l'emploi en France, pour les jeunes et pour les plus de 55 ans et ensuite allonger la durée d'activité en faisant glisser le curseur de l'âge légal, ou celui de la durée des cotisations, ou les deux ;
• enfin, pour le long terme, définir dès aujourd'hui, tous ensemble, à horizon d'une décennie, un système de retraite, par exemple à points, plus souple, qui prévoira des transitions entre emploi et retraite, et qui sera équilibré.

Le Monde : Soutiendrez-vous la réforme que va proposer le gouvernement ?

François Bayrou : Si elle me paraît raisonnable, je la soutiendrai. Je n'ai pas passé ma vie politique à mettre en garde contre les déficits pour aller dans le sens de l'irresponsabilité lorsqu'un redressement commence à s'imposer.

Le Monde : Votre geste ne risque-t-il pas d'être interprété comme un "recentrage" dû à votre solitude ?

François Bayrou : Sans concession, depuis le premier jour, j'ai combattu les fautes du pouvoir actuel en termes d'injustices, d'atteintes à la séparation des pouvoirs, de mainmise sur les médias, publics en particulier, de mélange entre intérêts privés et intérêt public. Je continuerai de le faire. Cela me rend d'autant plus libre d'approuver des décisions qui me paraissent équilibrées. Dire oui quand les choses vont dans le bon sens, dire non et se battre contre les erreurs et les abus, voilà ma ligne.

Le Monde : Quelle est votre opinion sur le projet de loi sur la burqa ?

François Bayrou : Je n'ai pas aimé la manière dont le débat a été lancé. Mais la décision est maintenant devant nous : je trouve le texte du gouvernement raisonnable. Le projet de loi ne parle pas de religion, ne cible personne. Il dit simplement qu'en France, on ne dissimule pas son visage dans l'espace public, que vivre à visage découvert, c'est le premier geste de reconnaissance réciproque et de respect. En outre, j'approuve qu'il y ait une pédagogie prévue dans la loi.


Propos recueillis par Françoise Fressoz et Pierre Jaxel-Truer.

15 mars 2010

APRÈS LES RÉGIONALES du 14 MARS 2010

Pour notre pays c’est un jour inquiétant.


La France va mal, l’abstention a battu tous les records, et l’extrême droite est de retour.  


Être minoritaire, c’est une déception, c’est un désagrément, c’est un passage rude, mais ce n’est pas une honte.


Une vérité ne cesse pas d’être vraie parce qu’elle est minoritaire.


Des temps viennent où les français vont découvrir la véritable situation de notre pays et se demanderont alors comment reconstruire.


Au degré de gravité où nous nous trouverons, j’en ai la certitude, on ne pourra pas reconstruire, dans l’affrontement sourd d’un camp contre l’autre, au contraire.


De vérités, de visions, d’équilibre, de rassemblement, la France, un jour prochain, aura besoin, autant que d’air pour respirer.


Facile ou difficile peu importe, il faut continuer le combat pour un autre projet de société, pour d’autre valeurs.


Les Français, tous les jours, surmontent des difficultés, endurent des chocs et repartent.


Nous ferons comme eux, et je l’espère, nous le ferons avec eux.

 

François BAYROU