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16 novembre 2018

LES GILETS JAUNES : QUEL AVENIR ?

LES GILETS JAUNES : QUEL AVENIR ?

gilets.jaunes.jpgLes gilets jaunes sont un mouvement populaire qui, à force de ne plus croire en la politique, s’en prend apparemment à la société  elle-même.

C’est un mouvement tout-à-fait inédit de par sa forme privée de tout leader, et étonnant de par l'origine et la soudaineté de son émergence.

Les gilets jaunes se définissent comme des "citoyens ordinaires" qui décident de bloquer - un samedi ! - les routes de France : donc ils s’en prennent de fait à eux-mêmes. Sans moquerie aucune face à cette spontanéité qui inspire grand respect et force à la réflexion, on pourrait dire que ce mouvement constitue une sorte d'anthropophagie sociale. Ce phénomène n'est pas nouveau dans l'histoire de nos sociétés. Mais quel avenir peut accorder à ce soudain appétit si on se réfère précisément à l'histoire des précédents mouvements identiques et qui tous.... ?

En effet, c'est la société qui fait grève contre elle-même. Et un tout récent sondage (France Info et Le Figaro) affirme même que 74 % des Français se disent favorables à ce mouvement.

Ceci est révélateur de la profondeur du trouble qui frappe actuellement une large partie de notre pays.

La sympathie de ce mouvement pour une fronde spontanée et populaire semble cependant être proportionnelle à la méfiance que lui inspire tout ce qui est "politique" et "institutionnel". La forme "disruptive" de cette grogne massive a même poussé le Président de la République à un aveu d’échec : "Je n’ai pas vraiment réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants".

Cet aveu est, certes, transitoire, mais il n’en est pas moins terrible venant d’un homme, devenu Président pour avoir précisément compris, au moment où il faisait campagne, à quel point les Français étaient déçus par les "politiques", et avoir su leur faire espérer une autre façon de diriger le pays.

L’une des sources de son échec actuel est d’avoir cru qu’il serait capable d’instaurer une relation forte et directe avec un pays qui se serait lui-même "mis en marche". La fusion de son talent personnel, doté d'une exceptionnelle intelligence, portée ensuite par le génie d’un peuple, aurait certes produit des miracles, surtout quand les intermédiaires (partis politiques, élus locaux, syndicats), ou ils le suivaient, ou ils étaient tous emportés par cette déferlante de la transformation.

Les choses, hélas, ne se sont pas passées comme il l'espérait. Et aujourd'hui, Emmanuel Macron semble vouloir s’appuyer de nouveau sur ces forces-là; avec des partis politiques en panne généralisée d’inspiration, des élus locaux fatigués, et des syndicats en pleine panade.

On se trouve donc, aujourd'hui, dans la situation où il n’y a plus rien, ni personne, pour canaliser la colère et les aspirations populaires. Ainsi sont nées aujourd'hui les vestes jaunes, mais elles aussi frappées à leur tour par l'absence totale de ligne conductrice organisée et réfléchie, et de tout interlocuteur pour fixer un nouvel horizon à ces légitimes aspirations.

Quel avenir à tout cela ? La boule de cristal n'apporte aucune réponse à cette question. Seule la volonté de tous les citoyens, libérés des multiples influences ou volontés opportunistes de récupération partisane, fera surgir ce nouvel horizon espéré. Vaste ambition que voilà !

F. VDV

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