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05 août 2009

À LA CROISÉE DES CHEMINS

TRIBUNE LIBRE

 

La rentrée politique sera remplie pour les formations politiques qui se réclament du Centre ou qui se positionnent au centre de la vie politique. Elles vont devoir préparer les prochaines échéances politiques dont les élections régionales de 2010 avec l’idée de se compter pour exister, exercice périlleux pour la plupart d’entre elles et qui aura certainement des répercussions sur leur devenir à court et moyen terme.

 

Que le Mouvement Démocrate fasse à nouveau un mauvais résultat et ses chances de peser sur la vie politique et de concourir pour la victoire aux présidentielles pourraient s’évanouir pour un temps indéterminé. Que le Nouveau Centre ne parvienne pas à percer électoralement (encore faut-il qu’il se présente à une élection!) et son existence sera remise en question, en tout cas sa réelle indépendance politique vis-à-vis de l’UMP et, à terme, sa fusion avec elle sera sa seule alternative à moins qu’un puissant mouvement de réunification centriste l’oblige à s’y raccrocher. Que l’Alliance Centriste fasse de la figuration lors des régionales, alors sa volonté – et son but – de regrouper rapidement toute la famille centriste sous une même bannière confédérale sera plus difficile que prévu, voire remise à des jours meilleurs. Que le Parti Radical continue à se fondre totalement dans l’UMP sans la moindre originalité et sa crédibilité comme parti indépendant et parti le plus vieux de France (mais les partis meurent aussi!) sera largement entamée malgré les circonvolutions écologiques de son président. Que les Radicaux de gauche n’aillent pas, une nouvelle fois, à la bataille électorale comme pour les Européennes et le radicalisme progressif et social se verra en danger de disparition définitive, ne parvenant pas à trouver sa place entre un centrisme de gauche du Mouvement Démocrate et une gauche modérée du Parti Socialiste.

 

Mais, avant ces élections, il va falloir exister pour que les citoyens, une fois devenus électeurs, votent pour les partis qui se positionnent au centre. Ainsi, le Mouvement Démocrate va devoir devenir une force de proposition et non une force d’opposition systématique et de dénigrement. Le Nouveau Centre doit montrer qu’il a une dynamique propre qui justifie son existence et non un suivisme où quelques gestes de mauvaises humeurs face aux comportements hégémoniques de l’UMP ne font pas une politique. L’Alliance Centriste va devoir préciser ses idées et montrer ses capacités de rassemblement par des comportements et des gestes forts alors que les portes se refermeront d’abord avant de s’ouvrir si le parti n’est pas un feu de paille. Quant aux radicaux, ils vont devoir choisir entre n’être plus que des témoins d’un passé glorieux qui ne veut pas s’éteindre mais qui n’est plus capable d’inspirer la vie politique française et un vrai aggiornamento qui ne peut passer que par une réunification où chacun apportera le meilleur de son camp.

 

Oui, la rentrée sera sans doute agitée pour les partis centristes. Mais c’est sans doute le seul moyen de faire comprendre à leurs dirigeants qu’ils ont devant eux un pays sociologiquement au centre mais loin de l’être politiquement…

 

Jean-Louis POMMERY

Directeur des études du CREC

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