Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 31 janvier 2014

VERS UNE EUROPE FÉDÉRALE

(sur une idée de Laurent Couraudon)

Quel soulagement de voir que l’ALDE ("Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe") s’est finalement rangée derrière son Président, Guy Verhofstadt, ancien Premier Ministre belge, pour les Européennes !

mouvement démocrate,bayrou,politiqueOn aurait pu craindre en effet que le Modem louche un peu trop sur un candidat plus facile à vendre à son partenaire, l’UDI : heureusement il n’en a rien été. Il reste maintenant à faire corps avec les idées de Guy Verhofstadt. Ce qui n’est pas gagné tant le pusillanime “politiquement correct” reste puissant et omniprésent. Et pourtant Guy Verhofstadt se tient exactement là où il faut être pour faire gagner l’Europe.

L’Europe s’est montrée jusqu'ici incapable de gérer correctement la crise : trop peu et trop tard. L’Europe reste non démocratique et sort fragmentée d’une crise qui n’a pas su lui redonner le sens de ses valeurs pourtant les plus profondes. L’égoïsme court-termiste reste encore le premier moteur de l’Europe, et donc son pire ennemi.

Peu osent le clamer avec autant d’énergie que Guy Verhostadt. Beaucoup ont peur que de telles critiques fassent le lit des souverainetistes. Et bien non ! Si l’Europe n’a pas le courage de prendre la mesure de ses faiblesses, l’Europe restera incapable de se corriger et de se ressaisir. Si l’on reste silencieux sur les raisons des échecs, on laisse au contraire la porte ouverte à des conclusions beaucoup plus simplistes, beaucoup plus populistes, à des conclusions qui ne sentent pas très bon et nous renvoient que trop à l’Europe de l’entre-deux guerres, à une Europe qui s’oublie terriblement à chaque fois qu’elle a vraiment peur.

Guy Verhofstadt est aussi un fédéraliste sans complexe, et il est grand temps de l’être si on veut sortir de cette gouvernance intergouvernementale qui paralyse la première puissance économique et commerciale mondiale. Quel pays, quelle entreprise, quelle organisation résisterait à une gouvernance si peu efficace ? Il n’est plus temps de faire des grands ronds dans l’eau en se gargarisant de belles histoires sur une Europe "bisounours" qui insulte tant de millions d’Européens qui ont souffert et souffrent encore des tares de cette Europe mensongère qui, depuis trop longtemps, ne cesse de faire semblant. Il est grand temps de donner du pouvoir à un gouvernement fédéral, sans doute ramassé sur la seule Eurozone, sur les seuls domaines de compétence que l’on aura choisis, mais qui sera pleinement responsable et donc aussi redevable.

Pour ce faire, ce pouvoir européen - qui reste à construire - doit être ô combien plus légitime que cet aréopage de Grands Princes Électeurs que l’on nomme le Conseil Européen, et qui n’aurait pas démériter dans le Saint Empire Romain-Germanique. Il n’y a pas de légitimité sans démocratie, sans transparence, sans de comptes à rendre devant l’agora rassemblée.

Ce sera aussi le grand test de ces européennes de voir si les politiques ont compris quels sont les vrais enjeux, si les citoyens savent se mobiliser pour leur avenir, à vrai dire pour la survie d’un continent dans un XXIème siècle qui ne lui fera aucun cadeau.

L’Europe, ce n’est pas ce discours soporifique que nous ne connaissons que trop sur la paix ou sur les miracles du couple franco-allemand. L’Europe c’est ce combat difficile d’une vielle civilisation qui ne veut pas mourir et qui veut défendre la justesse de ses valeurs pétries par 2.500 ans d’histoire.

(À lire l’ouvrage de Guy Verhofstadt “Debout l’Europe !” (2012) en faveur d’une Europe Fédérale et co-signé par.... Daniel Cohn-Bendit)

Les commentaires sont fermés.